Céline Masson est Professeure des universités à l’Université de Picardie Jules Verne, psychanalyste, membre du CHSSC (Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits (EA 4289), directrice du RRA (Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme). Propos recueillis par Delphine Miermont-Schilton.
Origine et définition du concept
Le syntagme « invalidation traumatique » a été introduit par les psychologues Miri Bar-Halpern et Jaclyn Wolfman (2025) à propos de la communauté juive après le 7 octobre 2023. Il désigne le déni, la minimisation ou la disqualification de la souffrance d’une personne ayant vécu un traumatisme. Autrement dit, le traumatisme n’est pas reconnu – voire nié – par l’entourage ou la société, ce qui aggrave la blessure initiale.
Les auteures identifient neuf types de réponses invalidantes :
1. Négligence émotionnelle – absence de soutien ou d’écoute.
2. Critique systématique – insultes, accusations (« tueurs de bébés », etc.).
3. Traitement inégal – minimisation du sort des victimes juives dans les médias ou à l’université.
4. Ignorance – refus de reconnaître les faits (ex. violences sexuelles du 7 octobre).
5. Exclusion – ostracisme social ou professionnel des Juifs.
6. Mauvaise interprétation – déformation de leurs propos ou identification à des stéréotypes (« colonisateurs »).
7. Contrôle excessif – pression pour dissimuler son identité juive ou critiquer Israël pour être accepté.
8. Blâme – accusation collective des Juifs pour les actions d’Israël.
9. Déni de…
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