Aller à l’école du corps et de l’imprévu
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Aller à l’école du corps et de l’imprévu

Laure Chambolle - Psychiatre, psychanalyste (APF), Bordeaux (33)

" Cher Monsieur Lombardi,

Je viens de lire avec intérêt votre ouvrage Le Transfert sur le corps (Le Hublot, 2022). Pensez-vous que certains patients pourraient ne pas avoir d’espace psychique pour se penser, pas de Moi unifié avec des frontières opérantes ? S’agirait-il avec ces patients de créer d’abord un espace permettant au Moi de se forger, de se délimiter ? Dans cette perspective, la notion de « transfert sur le corps » que vous développez pourrait-elle constituer un point de départ, un point d’ancrage pour ces patients, en leur permettant d’appréhender leurs éprouvés corporels, de décharger les excès et de progressivement nouer des liens corps-psyché ouvrant l’accès à leur réalité psychique ?  

Riccardo Lombardi - Psychanalyste, membre formateur à la Société  psychanalytique italienne

Chère Laure Chambolle,

Vous avez raison. Il y a beaucoup de patients qui ne sont pas en capacité de penser en début d’analyse : ils sont trop abstraits ou trop concrets. Pour penser, il faut un corps derrière la pensée mais il faut également que la participation du corps ne soit pas trop excessive. Nous avons donc besoin d’activer un transfert sur le corps pour que le corps soit bien présent, et donc que le patient soit présent lui aussi. Aussi, si le transfert sur l’analyste est évidemment là, il doit rester dans l’ombre afin que le transfert du patient sur lui-même puisse apparaitre au premier plan. Ensuite, l’analyste aide le patient à « refroidir » la chaleur sensorielle et éveiller les différentes perceptions venant des organes corporels : vue, odorat, toucher,…

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