En partant de la Conférence d’introduction à la psychanalyse de. pour la Société psychanalytique de Paris, Sylvie Pons-Nicolas, interviewée par Alexandra Cochini, revient sur la question de la fin de l’adolescence.
Sylvie Pons-Nicolas, lors de votre conférence, vous avez proposé une réflexion très intéressante sur la question de la fin de l’adolescence, mais pourquoi s’intéresser à cette période ?
La fin de l’adolescence est une période de la vie dont la temporalité est mal définie. C’est un moment de transition au cours duquel on est au milieu du gué entre l’enfance, dont on émerge de façon gauche et désordonnée, pour s’éloigner de la dépendance et avancer à tâtons vers le devenir adulte. En évoquant cette période, j’ai souhaité interroger l’existence d’un travail psychique spécifique pour passer de l’adolescence au devenir adulte. Comment franchit-on le gué ? Et qu’est-ce qu’être adulte ?
Pour mieux comprendre cette période, vous nous avez rappelé deux grandes périodes qui la précèdent : la latence et l’adolescence. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ce détour ?
La latence est une période dans l’enfance qui trouve son origine dans le déclin du complexe d’Œdipe. Durant cette période, une première mise à l’épreuve des éléments psychiques de la prime enfance s’opère. Les désirs sexuels œdipiens qui s’expriment à l’égard des parents s’effacent, refoulement et clivage s’articulent afin de remettre à plus tard la réalisation du projet œdipien inconciliable avec la réalité externe, pour permettre à l’enfant une première prise de distance par rapport aux investissements sexualisés des figures parentales. Une des stratégies de contournement de l’interdit douloureux de réalisation des désirs œdipiens est le développement de la vie fantasmatique liée à l’inhibition de but de la…
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