Comment sortir du traumatisme ? Au-delà du déterminisme – F. Ansermet, P. Magistretti, J. Tran The (dir.) – Odile Jacob, 2025

Comment sortir du traumatisme ? Au-delà du déterminisme

F. Ansermet, P. Magistretti, J. Tran The (dir.)

Editions F. Ansermet, P. Magistretti, J. Tran The (dir.) - Odile Jacob, 2025, 24,90 €

Bloc-notes

Comment sortir du traumatisme ? Au-delà du déterminisme – F. Ansermet, P. Magistretti, J. Tran The (dir.) – Odile Jacob, 2025

Les premières lignes de l’ouvrage tracent avec finesse son contour méthodologique et son principal enjeu, que l’on peut saisir en faisant résonner ces quelques mots : « Le défi du traumatisme, c’est d’en sortir » (p. 7). Les conditions de possibilité d’une échappatoire post-traumatique sont explicitées par le déploiement continu et multidimensionnel du concept de déterminisme, fil directeur des propositions qui structurent cet essai où différentes disciplines sont mises en dialogue. Contre l’illusion de la relation cause-effet qui enfermerait le sujet traumatisé dans une chaîne mortifère où l’a-venir serait déjà tout tracé, la réflexion synoptique de l’ouvrage relève d’une critique des théories et modèles étiologiques déterministes, ces derniers se trouvant appréhendés par le prisme de multiples champs exploratoires : la physique, la génétique, les neurosciences, la psychiatrie militaire, l’anthropologie, la philosophie et la psychanalyse. Sans commune mesure dans leurs méthodologies respectives, ces disciplines trouvent néanmoins un point de convergence dans les limites, ou parts manquantes, auxquelles elles sont inéluctablement confrontées : « à leur intersection, se trouve ce qui leur est soustrait » (p. 224). Cet inconnu, ou ombilic du traumatisme, connaît une ambivalence paradoxale : il est ce qui se révèle comme béance au sein de l’expérience traumatique comme ce qui en permet, après-coup, la sortie.

L’épreuve du traumatisme convoque, comme le rappelle Francis Eustache (chapitre 3), tant l’individuel que le collectif. Les expériences traumatiques laissent en outre une trace dans le psychisme et dans le corps qui, toutefois, présente une certaine fenêtre de labilité, porteuse d’espoir. À cet égard, la thèse de l’ouvrage s’articule autour de trois paradoxes (p. 13-14) qui procèdent des mécanismes moléculaires et cellulaires de la plasticité cérébrale, analysés par Pierre Magistretti (chapitre 6). Le premier réside dans l’unicité de notre système nerveux, continuellement remodelé par nos expériences. Le deuxième, corrélé au premier, est le paradigme neurodynamique du…

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Les abonnements Carnet Psy

Accédez à tous les contenus Carnet Psy en illimité.
Découvrir nos formules