Propos recueillis par Nouria Gründler, Psychanalyste en biologie et médecine de la reproduction, Hôpital Port Royal Cochin, membre de l’École de la cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse.
Par la possibilité de disjoindre sexualité, procréation, gestation, origine et filiation, les nouveaux usages des techniques de procréations médicalement assistées font aller vers des conjonctions inédites entre fantasme et réalité. Cette évolution amène-t-elle à de nouveaux modes de famille voire de sociétés ? Quelle est la place de l’enfant dans ces changements ? Comment lui parler de son origine dans ces situations nouvelles ? En particulier lorsqu’il y a don de gamètes ou lorsque des démarches prédictives ont été en jeu ? Que devient dans ces nouveaux contextes le droit à l’accès à l’origine ? Quelles conséquences subjectives pour l’enfant ? Par-delà le désir d’enfant, quelle est la place de la sexualité lorsque celle-ci a été court-circuitée par le fait d’en passer par des technologies qui permettent de s’en passer ? Quel sera le devenir de ces enfants ? Quelles questions, quelle liberté de questionner auront-ils dans l’avenir quant à leur origine ? Sexualité, désir d’enfant, procréation sont aujourd’hui en pleine mutation et donc à revisiter.
Carnet Psy : François Ansermet, comment peut-on, selon vous, raconter son origine à un enfant conçu par procréation médicalement assistée, en particulier lors de don de gamète ?
François Ansermet : Quel que soit le mode de procréation, je ne pense pas que l’on puisse dire l’origine. Il s’agit plutôt d’écouter ce que dit l’enfant, la fiction qu’il construit sur la question de son origine. Or l’origine reste une question qui est fondamentalement une question sans réponse, ou aux réponses infinies, qui renvoie sans cesse à ce…
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