Sensations auto-produites et fonctionnement compulsif : une solution limite
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Sensations auto-produites et fonctionnement compulsif : une solution limite

Pour aborder les liens entre la contrainte addictive, les troubles de l’humeur et les troubles limites, il me semble important de revenir au préalable sur quelques hypothèses métapsychologiques communes à ces « fonctionnements limites ».

- La précarité des limites : la métaphore de Didier Anzieu d’un « Moi passoire »1 donne bien à entendre comment la porosité des limites entre le dedans et le dehors du Moi est à la source de la désorganisation, de débordements divers, d’angoisses de vidage et des si nombreuses « hémorragies émotionnelles » qui caractérisent les sujets borderline. Ces dernières, souvent prises dans les montagnes russes de l’alternance entre l’idéalisation primitive et la déception, donnent au clinicien une impression d’inconstance des émotions et des états d’âme pouvant parfois à tort faire penser à un trouble de l’humeur. On sait que dans ce type de configuration où une distance relationnelle harmonieuse est difficile à établir, cette dernière l’est tout particulièrement au plan transférentiel, dans les thérapies individuelles où tout peut être mis en place pour transformer la relation thérapeutique en scène de ménage. Dans ces logiques dominées par les logiques paradoxales, la passion, la détresse, et où l’affect, en quelque sorte, « avale » la représentation et les capacités élaboratives qui lui sont associées, le sujet peut passer très rapidement d’un état d’ouverture à un état de fermeture donnant souvent au clinicien l’impression manifeste d’une grande inconstance des humeurs. L’hypothèse métapsychologique d’une défaillance de la fonction de contenance du Moi laisse mieux comprendre cette extrême difficulté à contenir conflits, pensées et souvenirs. Si cette précarité des limites peut favoriser l’angoisse d’empiétement ou celle d’être deviné, elle peut dans le sens opposé soutenir les tendances à l’identification projective qui colonisent de façon totalitaire l’intériorité de l’autre. On n’a sans doute pas assez exploré au niveau psychopathologique les liens de l’organisation borderline avec la psychose paranoïaque.…

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