La beauté de l’adolescent ou la folie du corps
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La beauté de l’adolescent ou la folie du corps

Introduction

Raymond Cahn (1991) parle de la folie à l’adolescence, folie qu’il prend soin de distinguer de la maladie mentale, en particulier la psychose. Les enthousiasmes « adophiliques » comme les répulsions « adophobiques » trouvent là une grande partie de leur source. Dans ce texte, nous explorerons l’hypothèse selon laquelle la « beauté juvénile » est une source de dérèglement des passions, de leur exacerbation et d’une certaine folie tant chez l’adolescent lui-même que dans l’entourage proche (la famille) ou élargi (la société).

La transformation corporelle d’Agnès

Agnès a 16 ans lorsque je la vois pour la première fois. Depuis l’âge de 13 ans, elle a présenté quatre graves épisodes délirants imaginatifs, interprétatifs mais surtout hallucinatoires, où dominent les thèmes de mort, de filiation, de persécution. Ces épisodes sont survenus tous les huit à dix mois environ. Ils durent et résistent de plus en plus aux traitements proposés obligeant le médecin à une augmentation des doses de neuroleptiques. Au moment de cette première consultation avec moi, au décours de son quatrième épisode délirant qui a duré plus de deux mois, une question pratique se pose, celle de savoir si Agnès pourra retourner dans son internat scolaire à une centaine de kilomètres du domicile de ses parents, internat qui correspond à une demande et même à un souhait d’Agnès en raison du choix d’orientation scolaire qu’elle a voulu. Au cours de cette première rencontre, il faut dire qu’Agnès est une adolescente de 16 ans très mignonne : c’est incontestablement une jolie jeune fille. Elle a des traits fins, des gestes gracieux sans séduction excessive. Elle fait de la danse et participe avec plaisir à un atelier théâtre, ce qui explique certainement son aisance relationnelle.…

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