René Kaës n’est plus de ce monde, il s’est éteint le dimanche 1er février 2026, il allait avoir 90 ans. Comment parler de lui, comment rédiger un papier « sur » lui ? Ce n’est pas sans scrupule que je réponds à cette demande. Il a eu tant et tant de contacts, il a partagé avec tant et tant de personnes travail, amitié, idées et curiosité, il s’est battu tant et tant de fois, jusqu’à ces derniers mois. Ce sera un simple témoignage, un parmi d’autre, il est encore là.
Les témoignages affluent : douceur, profondeur, générosité, humanité, sincérité, vivacité, modestie, belle personne, reconnaissance, gratitude, ou plus simplement sa bonne humeur ou le plaisir de l’avoir côtoyé. Une présence, mais aussi un grand Homme, un pionnier, un génie, un magnifique théoricien, érudit et clinicien de talent. Son œuvre, précise, profonde, multidirectionnelle, fera date au même titre je pense que les « grands » qui nous servent de boussole dans l’exploration de l’inconscient et de ses effets. J’ajouterai que René était un homme d’une très grande culture, très engagé dans des choix « politiques » face aux enjeux mortifères plus ou moins visibles de nos sociétés. Très exigeant pour lui et les autres, je lui dois beaucoup. Son parcours, ses publications, ses apports sont très généreusement mis à disposition sur le site¹ que ses proches ont pu réaliser ces derniers mois. Nous ne pouvons que le remercier de nous donner ainsi accès à un nombre incalculable d’articles. Quelques mots, quelques dates, quelques souvenirs.
Souci des autres, psychanalyse et parcours académique
« Je suis né en 1936 en Lorraine, dans l’Est de la France, d’une mère lorraine et d’un père alsacien, dans une famille modeste, mais soucieuse de donner à…
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