Alors que les courants dominants de la recherche en psychologie contemporaine explorent les causes du mal-être social touchant la jeunesse tout en creusant les fonctions diagnostiques et soignantes d’environnements technologiques que d’autres considèrent comme délétères pour la santé psychique, le collectif de chercheurs à l’origine de ce livre nous ouvre à d’autres territoires.
Sébastien Chapellon a déjà travaillé les thèmes de l’adolescence, de la famille et du soin en contexte culturel ; Jocelyn Lachance a beaucoup travaillé sur les adolescents, les mondes numériques, et « l’éco-anxiété ». À eux deux, dans ce livre issu d’un projet de recherche, ils organisent un croisement transdisciplinaire. L’ouvrage, écrit depuis la Guyane, territoire d’Outre-mer étendu et frontalier, accueille des chercheurs de disciplines et de régions variées.
Sous une couverture rappelant les peintres naïfs s’entrecroisent différents dispositifs accompagnant les âges de la vie en lien avec la nature. Le « rite de passage » convoque des images exotiques et immédiatement cinématographiques : manger des plantes hallucinogènes dans une jungle hostile ; sauter d’un pylône au bout d’une corde ; supporter un tatouage douloureux dans le dos, etc. Autant d’éléments imaginaires que le livre tente de restituer dans leur complexité et leurs interconnexions symboliques fines avec le vivant.
« Le grandir au contact du vivant est-il encore possible aujourd’hui ? » : cette question inquiète posée frontalement à la fin du livre irrigue l’ensemble. La perte de contact du sujet avec son corps, le corps de l’autre, et avec la nature, produit d’un environnement social, économique, technologique promouvant l’interconnexion rapide et l’individuation, la rend nécessaire. Au sein de cette « contemporanéité non intégrante », la désagrégation du lien profond et la perte de contact avec le vivant sont patentes.
Les auteurs nous proposent d’étudier…
Déjà abonné ?
Les abonnements Carnet Psy