Fabien Joly est psychologue clinicien, psychanalyste, docteur en psychopathologie fondamentale (Paris Cité), président de l’Association « Corps et psyché ». Propos recueillis par Jérémy Tancray.
Carnet Psy : Fabien Joly, vous venez de diriger un imposant ouvrage collectif (Joly, 2026) sur la clinique psychanalytique de l’enfant et de l’adolescent, son histoire mais aussi son actualité. Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cet ambitieux travail aujourd’hui ?
Fabien Joly : Merci d’abord à l’équipe de Carnet Psy de faire place à ce travail collectif qui va donner lieu à une série de colloques et de journées d’études¹. C’était, quand je l’ai imaginé il y a des années, un projet légèrement mégalomaniaque, guidé par une perspective de transmission. Les grands cas de la psychanalyse de l’enfant – Hans, Piggle, Dick, Sammy – sont souvent évoqués, même par des non-spécialistes, et peuvent être nommés, voire convoqués dans la mémoire devenue collective. Mais qui, aujourd’hui, a vraiment lu et travaillé ces cas et saurait en dire quelque chose ? Il s’agissait donc pour moi de solliciter des collègues pour synthétiser et éclairer quelques-uns de ces « grands cas », en montrer l’actualité, notamment les questions que la rencontre avec ces enfants a posées à nos célèbres devanciers : enjeux techniques du dispositif, modalités de l’écoute et de l’interprétation, résistances ou forces du processus élaboratif, alliance et « mise au travail » des parents, etc. Ce sont des questions que nous avons en héritage dans les thérapies d’enfants d’aujourd’hui, bien au-delà du seul modèle de la cure analytique type, et que nous devons extraire des bibliothèques parfois poussiéreuses pour les transmettre aux jeunes collègues, aux étudiants, à la communauté « psy » d’aujourd’hui…
L’aventure a donné un ouvrage d’une quarantaine de chapitres rédigés…
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