Corps d’outrance. Souffrance de la maladie grave à l’hôpital

Corps d'outrance. Souffrance de la maladie grave à l'hôpital

Karl-Leo Schwering

Editions Gallimard, 2015

Bloc-notes

Corps d’outrance. Souffrance de la maladie grave à l’hôpital

« Comment sort-on de la maladie grave ? »

La maladie grave, pour tout sujet qui en est atteint, constitue une double menace. L’une physiolo-gique, de part son caractère potentiellement mortel, menace cependant écartée si les traitements médicaux permettent la guérison. L’autre menace est d’ordre identitaire. Elle court depuis l’annonce diagnostique jusque bien au-delà de la guérison, puisqu’elle se traduit par le sentiment de ne plus pouvoir continuer à être ce que l’on était avant, largement intriqué à celui de ne plus avoir le corps que l’on possédait. Avant ? Avant que la grammaire médicale ainsi que les effets des traitements et des hospitalisations, n’aient opéré leur œuvre de déconstruction de l’unité somato-psychique, unité indispensable pour que le corps existe psychiquement et précieuse pour échapper aux effets de vacillements jusqu’à la déperson-nalisation quand il devient trop étranger ou persécuteur.

C’est donc parce qu’elle altère d’abord très profondément le corps, vecteur et porteur des rapports que tout sujet humain entretient avec lui-même et avec le monde, que l’expérience de la maladie grave opère une rupture dans le sentiment de continuité d’existence et l’unité narcissique, aux fondements de l’identité même. Face à une telle catastrophe narcissique, il est bien légitime alors de pouvoir se demander « comment sort-on de la maladie grave ? », première phrase de conclusion de l’ouvrage Corps d’outrance, souffrance de la maladie grave à l’hôpital de K.L. Schwering au terme d’une riche réflexion. Car envisager les conditions qui permettraient d’en sortir reviendrait à entendre ce à quoi est confronté psychiquement le sujet qui en est atteint, à « (…) étudier les conditions de la reconstruction narcissique qu’exige toute maladie grave » comme l’indique l’auteur dans l’intro-duction.

Pour ce faire,…

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Les abonnements Carnet Psy

Accédez à tous les contenus Carnet Psy en illimité.
Découvrir nos formules
Vous êtes abonné(e) mais ne connaissez pas votre accès, cliquez sur mot de passe oublié. En cas de difficulté, nous sommes à votre disposition à carnetpsy@gmail.com ou au 01 46 04 74 35.