La Vérité de l’Histoire avec majuscules : c’est ambitieux ! La grande histoire, par rapport à la petite, l’individuel. « History » et « story ». L’histoire et la cure, la réalité et la fiction : où se trouve la vérité ?
« Dès qu’il s’agit de l’histoire individuelle, les majuscules, en tombant, emportent avec elles la noble unicité du singulier et les pluriels font leur entrée » note Isée Bernateau, soulignant que Freud avec l’introduction de la réalité psychique a « désolidarisé la vérité de la réalité». Et de poser la question pour notre discipline : de quelle vérité le fantasme « serait-il le maître de l’histoire ? ».
Laurence Kahn s’attelle à ce qu’elle nomme « L’incontrôlabilité du réel » en explorant ce que tente de saisir Philip Roth dans ses deux ouvrages nommément autobiographiques : Les Faits et Patrimoine. Ce maître de la fiction s’invente tout au long de son œuvre des alter ego afin de souligner la distance qui existe entre réalité et fiction, mais aussi afin de brouiller les pistes entre ces deux champs. Comment « matérialiser sans fictionnaliser » se demande Laurence Kahn ? Lorsque Philip Roth nettoie son père âgé qui vient de se souiller « ce n’était ni plus ni moins que la réalité vécue que c’était ».
Fin des déplacements ? La chose même ? interroge Laurence Kahn « là où le fils parvient enfin à rencontrer le noyau dur de son propre réalisme ».
Cela la conduit à interroger la manière dont on peut rendre compte des éléments du réel, notamment à travers la question du langage. Quels mots pour dire la vérité ?
Selon Barthes un fait n’a jamais qu’une existence linguistique et donc ne peut se prévaloir d’une objectivité recherchée, ce qu’il nomme…
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