La vie ordinaire des génocidaires

La vie ordinaire des génocidaires

Richard Rechtman

Editions CNRS, 2020

Bloc-notes

La vie ordinaire des génocidaires

Au cours de la dernière moitié du XXème siècle, nombre d’attaques meurtrières et de massacres collectifs se sont succédé avec une violence qui, à l’instar de la Shoa, leur a valu le qualificatif de « génocide ». Quel est le point commun entre la vague d’attaques terroristes ayant frappé en 2015 la ville de Paris, les crimes, bien plus nombreux et plus fréquents, perpétrés par Daech à l’égard des populations syriennes, afghanes, libanaises, turques, et maliennes, le massacre de deux millions de Cambodgiens par le régime des Khmères rouges, les massacres des communistes indonésiens, les atrocités commises par des nationalistes serbes en ex-Yougoslavie, l’extermination des Tutsis au Rwanda, ou bien les déportations nazie pendant la Seconde Guerre mondiale ? Aucun, à première vue. Le simple fait d’y chercher des similitudes peut même sembler absurde comptes tenus des habitudes de pensée établies. En effet, les interprétations les plus répandues mettent en avant l’opportunité éthique de cette généralisation, comme si tous les massacres ne méritaient pas d’être qualifiés de génocide. Et pourtant, en proposant d’aller au-delà de l’atrocité de l’acte, Richard Rechtman tente une nouvelle approche de la question, voire un changement de perspective, où l’analyse fait place à la comparaison entre tous les « génocidaires », soient-ils des tueurs de masse ou des djihadistes.  

La vie ordinaire des génocidaires est un ouvrage exceptionnel tant par sa valeur heuristique que par sa richesse historique. A travers un récit sur le vif l’auteur impose au lecteur un exercice difficile tant sur le plan éthique qu’intellectuel, qui consiste à se placer « du côté des génocidaires », à aller explorer leur vie quotidienne, ou plus exactement, leur « vie ordinaire » dans laquelle la mort occupe la place centrale « au-delà même de l’acte de tuer ». En faisant abstraction des interprétations habituelles, l’auteur identifie « un…

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Les abonnements Carnet Psy

Accédez à tous les contenus Carnet Psy en illimité.
Découvrir nos formules
Vous êtes abonné(e) mais ne connaissez pas votre accès, cliquez sur mot de passe oublié. En cas de difficulté, nous sommes à votre disposition à carnetpsy@gmail.com ou au 01 46 04 74 35.