Rubrique coordonnée par Marie Dessons et Dominique Mazéas
La Gradiva
Nicolas Rabain. Maître de conférences, Université Paris Cité, psychologue au Centre Alfred Binet.

À l’occasion de la 79e édition du festival de Cannes, un film a pu retenir l’attention des psychanalystes. La Gradiva de Marine Atlan est un premier long-métrage qui a remporté le Prix de la Semaine de la critique, il est sorti en salle en octobre 2026. Par son réalisme, il s’éloigne du roman éponyme de Wilhelm Jensen (1903) et des commentaires qu’en a faits Freud (1907). Toutefois dans ce film, Pompéi demeure un territoire propice à figurer l’inconscient, sur fond de quête identitaire au sein d’un groupe de lycéens.
Le film s’ouvre sur la Troisième Gymnopédie de Satie en version orchestrale, comme pour convoquer un romanesque mélancolique à contre-courant des défenses maniaques des adolescents. Mme Mercier – professeure de latin tonique et charismatique – a concocté un voyage scolaire à Naples pour ses élèves de terminale, issus d’un lycée de banlieue parisienne à forte mixité sociale. Au programme, les sommets arides et rocheux du Vésuve qui contrastent avec ses pentes fertiles et verdoyantes ; Naples et ses alentours, sans oublier Pompéi. À l’éternité et au calme de ses ruines s’oppose la dimension éphémère d’une jeunesse en ébullition.
Au cœur du film, un groupe de jeunes aux identités plurielles : Toni, personnage principal, aime le foot et désire les garçons, là où son meilleur ami James, quoique plus androgyne, aime les filles. Quant à Suzanne, elle est souvent plongée dans son carnet de dessins, à…
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