Psychochirurgie : un revenant inquiétant
Éditorial

Psychochirurgie : un revenant inquiétant

Tout psychanalyste ne peut manquer de constater l’écart des données recueillies par une clinique approfondie, rigoureuse et prolongée face à l’inanité d’objections à sa clinique et des avantages d’autres abords.

Il y a vingt-cinq ans, la psychiatrie athéorique a suscité de nombreux espoirs : plus besoin d’entretiens éprouvants alors que la passation d’échelles d’évaluation suffit, plus besoin de remise en cause dès lors qu’un psychotrope aux effets prouvés ou quelques séances de rééducation apportent, à coup sûr, le sourire. Il n’y aurait rien à redire si ces promesses imprudentes avaient été tenues. La preuve non discutable de l’efficacité d’un traitement est le retentissement de son action sur la santé publique. Or, l’incidence sociale de la dépression ne cesse de croître dans les pays développés et les Etats-Unis sont ravagés par l’obésité alors que les TCC y sont largement pratiquées et les patients motivés à guérir.

Concernant des millions de malades, le retour annoncé de la psychochirurgie, pour les TOC et les dépressions chimio-résistantes suscitera les mêmes déconvenues. Du fait des complications inévitables d’interventions sur le cerveau, elle entrainera des morts et des mutilations irréversibles. Si rien n’est fait, nous sommes probablement à la veille d’un nouveau scandale majeur de la santé publique. Il vaut la peine de le dire.