Retrouvailles œdipiennes et audace de la bisexualité chez l’homme vieux
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Retrouvailles œdipiennes et audace de la bisexualité chez l’homme vieux

S’il importe de ne pas faire de l’expérience du vieillissement et de la vieillesse une maladie – il s’agit d’un phénomène naturel, bienvenu même en ce qu’il est toujours aujourd’hui lié au fait de n’être pas mort jeune – on ne peut cependant omettre, comme le disait Henri Danon-Boileau dans une formule subtile et laconique, que « vieillir est un exercice périlleux dont on connaît le dénouement » (2000, p. 9). Vieillir est difficile. Au plus intime du regard que chacun(e) peut porter sur soi-même, se déploie pas à pas la confrontation à une vulnérabilité grandissante liée à la mise à mal de l’intégrité des fonctions somatiques et cognitives, voire à une insécurité liée aux pertes multiples qui ne cessent de solliciter un traitement psychique. Freud s’avère ainsi de plus en plus sensible à l’idée d’affaiblissement du moi, lequel peine à traiter les excitations, un moi par trop étreint par l’insidieux passage du temps et la douleur d’événements violents qui ne manquent pas de survenir : « L’ardeur contenue vous use ou use ce qui reste de l’ancien moi. Et ce n’est pas à 78 ans qu’on en recrée un nouveau », confie-t-il, en 1934, à Lou Andreas--Salomé (1966, p. 250).

Les hommes dont je vais parler ici sont des hommes qui vieillissent et qui trouvent dans cette expérience psychique singulière l’occasion de renouer des liens intenses avec des figures parentales desquelles est attendue avec ardeur une fonction tout à la fois secourable et source de plaisir. Ce qui s’observe là n’est pas généralisable. Il est des hommes pour lesquels passivité et régression n’engagent pas forcément la possibilité de mobiliser le courant tendre de la libido. La figure de Faust (Goethe) en est exemplaire criant.

Ne plus appartenir à l’armée des gens d’aplomb

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