Vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes nés en Europe
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Vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes nés en Europe

« C’est le labyrinthe qui fait le Minotaure et non l’inverse. » (Michel Foucault)

Cet article se concentre sur un aspect particulier d’une thèse relative à l’expérience clinique d’une jeune interne en psychiatrie, engagée dans un programme de psychiatrie humanitaire durant deux mois au cours de l’année 2016, dans la Jungle de Calais, en France. 

Ici, il sera question d’une situation clinique mettant en exergue les difficultés de rencontre thérapeutique, avec les résidents du camp, une situation qui consiste à amorcer un travail psychique, dans un contexte « extraordinaire » marqué par le délitement, la précarité et la violence. 

A partir d’une situation clinique, se pose la question de la psychiatrie humanitaire proposée par l’association Médecins Sans Frontières. L’objectif n’est donc pas un apport théorique sur le cadre de rencontre entre le psychiatre et son patient exilé mais plutôt un report clinique d’une situation dans laquelle il a été difficile d’établir une relation de soin dans un contexte humainement dramatique. Plus particulièrement, l’article portera sur la perméabilité du cadre, et posera la question suivante : comment le prémunir contre l’hostilité de la Jungle ?

CONTEXTE DE LA JUNGLE DE CALAIS

Depuis 2011, le nombre d’étrangers fuyant les conflits a augmenté de manière significative en Europe si bien que l’expression « crise migratoire européenne » a été utilisée dans les médias notamment. Le bidonville de Calais représentait le bout d’une longue chaine dans l’histoire migratoire et traumatique des étrangers débarquant en Europe - par voie maritime via l’Italie par exemple ou encore par voie terrestre via la route des Balkans. Face aux contradictions des politiques de gestion migratoire, le camp surnommé la « Jungle » était apparu…

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