Joel Whitebook, PhD, est philosophe et psychanalyste. Il est membre du corps enseignant du Center for Psychoanalytic Training and Research de l’Université Columbia, dont il a été le directeur fondateur du programme d’études psychanalytiques de l’université. Outre de nombreux articles consacrés à la psychanalyse, à la philosophie et à la théorie critique, le Dr Whitebookest également l’auteur de Perversion and Utopia (MIT Press) et de Freud : une biographie intellectuelle, qui vient d’être traduit en français et publié chez Ithaque. Propos recueillis par Pierre-Henri Castel.
Carnet Psy : Un trait remarquable de votre parcours est que vous avez mené à New York deux carrières en parallèle : une en philosophie, dans la tradition de la Théorie critique, à la New School for Social Research, et une autre comme psychanalyste en cabinet privé, puis comme enseignant à Columbia, où vous avez dirigé le Center for Psychoanalytic Training and Research. Comment la communauté psychanalytique a-t-elle accueilli cette double appartenance ? Et comment évaluez-vous la situation de la psychanalyse, aujourd’hui, confrontée à des approches réflexives et critiques comme la vôtre, mais qui émanent de l’intérieur de la discipline elle-même et qui ne lui sont donc pas hostiles ?
Joël Whitebook : D’abord, une précision. Quand je suis arrivé à la New School, dans les années 1970, je me suis tout de suite intéressé à la psychanalyse. Je venais du département de philosophie de Berkeley, très « analytique » et dogmatique, très collet monté. La New School, c’était l’un des rares endroits où l’on étudiait la philosophie « continentale ». Et c’est aussi là que j’ai lancé un programme non clinique sur la psychanalyse, la société et la culture, tout à fait dans l’esprit de l’école de Francfort, avec Alan Bass qui allait devenir le traducteur de…
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