Catherine Chabert est Professeur de psychologie clinique et de psychopathologie à l’Université de Paris, psychanalyste (Association psychanalytique de France). Propos recueillis par Jérémy Tancray.

Carnet Psy : Catherine Chabert, vous êtes une figure centrale de la psychanalyse française et vous avez une place très particulière au sein de notre revue, qui vous doit beaucoup. Nous sommes donc très heureux que vous nous accordiez cet entretien à l’occasion de la parution du dernier ouvrage collectif que vous avez dirigé : Où sont les Mères ? Ma première question sera un peu contextuelle, mais il semblerait que notre époque soit plutôt propice à une refonte conceptuelle, symbolique et concrète des paternités. Alors, qu’est-ce qui vous a engagée vous, et les auteurs que vous avez réunis, à interroger les lieux et moments du maternel ? Les mères vous semblaient-elles avoir disparu des préoccupations des psychanalystes ?
Catherine Chabert : Non, elles ne me semblaient certainement pas avoir disparu. Nous cherchions un thème de colloque avec Manuelle Missonnier et c’est au cours de ces échanges que nous nous sommes dit que nous n’allions pas encore parler de la mère. Depuis l’avènement, entre autres, des travaux de Melanie Klein et de Donald W. Winnicott, on a assisté en psychanalyse à un retour à la mère pouvant être quelquefois unifocal. Comme si on assignait, au fond, à cette figure omniprésente une forme de puissance, de responsabilité et, partant, de culpabilité en lui attribuant une causalité excessive. Nous avons connu l’avènement heureux de la psychanalyse de l’enfant – des traitements mère-enfant, des prises en charge des tout-petits, etc. – ce qui a été une très bonne chose. Cependant, en même…
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