Inégalités sociales et santé mentale
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Inégalités sociales et santé mentale

Pendant plus de 40 ans, la définition de la santé proposée par l’OMS dans sa charte constitutive de 1946 (« la santé n’est pas seulement l’absence de maladie, mais un état de complet bien-être physique, mental et social ») n’a pas rencontré grand écho en France, où la santé restait assimilée soit à l’absence de maladie (« la vie dans le silence des organes » selon la formule de René Leriche1 au début du XXème siècle), soit à tout ce qui est régulé par le « système de santé », donc ce qui met en rapport avec l’offre de soins et où, il faut bien le dire, la psychiatrie n’avait pas grand place, et encore moins la santé mentale.

Pour tout ce qui relevait des dépressions ou des addictions, les médecins généralistes ne voyaient que rarement l’intérêt de se mettre en rapport avec des structures psychiatriques qui avaient une fâcheuse tendance à se replier sur leur pré carré et ne cherchaient pas non plus le contact, même lorsqu’à la suite de la circulaire du 14 mars 1990, le champ d’action de la psychiatrie fut étendu à la santé mentale. Cette circulaire reprenait pourtant l’idée d’instances de coordination de proximité telles qu’elles avaient déjà été évoquées avec la notion de conseil de secteur, en 1972, mais ne rencontra pas non plus un franc succès.

En 1987, le rapport Wrésinski au Conseil Économique et Social2 introduisit de manière très argumentée une nouvelle définition de la pauvreté et de l’exclusion comme résultantes d’une accumulation au fil de la vie de multiples précarités (absence de sécurités) relevant de champs très divers mais complètement interdépendants (logement, emploi, santé, transports, culture, revenus…) : c’était la voie ouverte à une nouvelle réflexion sur les déterminants sanitaires des problèmes sociaux,…

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Les enjeux cliniques de la précarité