La saveur des signifiants énigmatiques. Le sexual et l’alimentation
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La saveur des signifiants énigmatiques. Le sexual et l’alimentation

Introduction

Saveur et savoir partagent la même étymologie, le verbe latin sapere : « avoir du goût, exhaler une odeur », et « avoir du discernement, être sage » (CNRTL). Il y aurait donc un lien entre ce que l’on mange, ce qui a du goût et ce que l’on sait. Autrement formulé, il existe une relation entre ce que l’on incorpore, la manière dont on le savoure et le savoir que l’on pourrait en tirer. Plus le vocabulaire gustatif est riche, plus la subtilité des saveurs apparaît. Or la question alimentaire est une question récurrente dans les centres d’hébergement ou les espaces dédiés de la protection de l’enfance. Si la précarité et la vulnérabilité semblent favoriser un questionnement à ce sujet, il est souvent considéré par les professionnels comme un écran au travail psychologique, ou comme une préoccupation archaïque du sujet. Nous formulons, au contraire, qu’il s’agit de la formulation d’énigmes inconscientes autour de ce que l’on ignore ou ce que l’on a su, ou savoure, l’objet qui entre par la bouche et ce qui est adressé à un autre sous la forme de questions, dont la récurrence impliquerait un inconnu angoissant quant à l’adresse.

Avec Jean Laplanche, articuler la bouche et le repas au début de la vie, c’est suivre, en appliquant la méthode archéologique, les processus qui conduisent à l’émergence de la vie psychique et les effets sur la formation même de l’humain en devenir qu’est le bébé. Le lien à l’autre est central, du fait de la situation anthropologique fondamentale (Laplanche, 1987) dans laquelle le nourrisson se trouve. Et, c’est aussi poser les limites coextensives entre corps et appareil psychique, entre ce qui relève des lèvres, de l’incorporation, de l’introjection, et de l’intromission. Pour l’enfant,…

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