Introduction
Le terme de « complexe », Freud a reconnu le devoir à Eugen Bleuler et à Carl G. Jung de l’école de Zurich. S’il a certes montré une certaine défiance vis-à-vis de cette « notion vague » qui serait une sorte de clé expliquant l’ensemble de la personnalité, il a néanmoins perçu l’engouement qu’il suscitait. En psychanalyse, il trouve sa source dans la relation familiale infantile. Pour Freud, il est un facteur essentiellement inconscient auquel il réservera l’usage presque exclusif au très fameux complexe d’Œdipe. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’il consacre une place restreinte à l’expression « complexe fraternel », alors qu’il reconnaît le rôle déterminant de la problématique inconsciente fraternelle dans la vie d’un sujet et que, dans tous ses cas cliniques, il s’y réfère. Freud aborde le fraternel essentiellement dans sa dimension conflictuelle, la fraternité et l’amour fraternel venant selon lui en second par rapport à la rivalité première. Son instruction dans la Bible familiale montre que tous les affrontements viennent de la concurrence pour la place du préféré qui suscite la jalousie et la haine.
Freud (1915-1917, p. 211) est ainsi amené à mettre en évidence une conflictualité inhérente à la fratrie dont les membres ne peuvent que se disputer la reconnaissance et l’amour de l’un des parents ou des deux et il reconnaît qu’« il n’existe vraisemblablement pas de chambre d’enfants sans de violents conflits entre ses habitants ». Et cela d’autant plus que l’écart d’âge entre les enfants du même sexe est rapproché. Au risque de choquer l’opinion commune, il écrit : « Le jeune enfant n’aime pas nécessairement ses frères et sœurs et généralement souvent il est patent qu’il ne les aime pas. Il ne fait pas de doute qu’il hait en eux ses concurrents et on…
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