Le temps de la régression. La régression est affaire de temps, mais elle l’ignore.
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Le temps de la régression. La régression est affaire de temps, mais elle l’ignore.

Elle en est convaincue, l’homme qu’elle fréquente en ce moment voit une autre femme, peut-être même plusieurs. Elle n’a plus confiance, elle se sent trahie. « Vous, au moins, vous ne m’avez pas menti, me dit-elle... j’ai toujours su que vous aviez d’autres patientes que moi. » Cela dit sans sourciller, ni même sourire !

Il n’est pas si fréquent que la psychanalyse soit à ce point en adéquation avec elle-même, quand le transfert actualise presque sans nuance, sans écart une situation de la vie psychique. On ne peut tuer son père qu’in praesentia. L’exemple ne vient évidemment pas à Freud par hasard, il a pour ce désir-là une sympathie élective. Reste que la formule vaut pour toute formation de l’inconscient, quelle qu’elle soit, aussi bien désir, symptôme que mécanisme de défense : ce n’est qu’au présent que le présent de l’inconscient, celui qui ignore le temps, le temps passé comme le temps à venir, ce n’est qu’en se réalisant que l’inconscient s’offre à l’analyse. S’offrir à la compréhension, il a bien des manières de s’y prêter, mais s’offrir à l’analyse, c’est-à-dire à cette décomposition-déliaison qui rend aux atomes un peu de liberté, une liberté qui permet au mieux à la molécule de se recomposer autrement, cette offre-là n’est pas réalisable hors cette régression qu’est l’acte du transfert. On l’entend immédiatement, ce mot « régression » est un piège, qui signifie un retour en arrière. Or il n’y a pas de régression pour celui qui régresse, il y a au contraire la plus dense, la plus inexorable des actualités.

L’histoire de la psychanalyse connaît un moment privilégié pour illustrer les enjeux théoriques et pratiques de la régression. Selon la façon dont on pose la question, et qu’on y répond, c’est la…

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