Depuis l’apparition des première saides médicales à la procréation en France, Geneviève Delaisi de Parceval détonne dans le paysage intellectuel des psychanalystes français. Elle entrevoit dans la critique des nouvelles modalités procréatives, hors loi naturelle, le reflet d’une norme surtout culturelle. Psychanalyste, et anthropologue, spécialiste des questions de la famille et engagée dans les débats bioéthiques contemporains, elle nous invite dans cet « Art d’accommoder les mères » à choisir, face à la grossesse pour autrui (GPA), une position de réflexion plutôt que la seule indignation.
Jacques André souligne, dès le prologue, la nécessité d’interroger la filiation maternelle, au-delà de l’adage mater certissima. Il propose de se décentrer du biologique et de la génétique pour penser la maternité, non comme une conséquence de la grossesse par le seul fait de l’expérience du corps, mais plutôt comme une construction sociale et culturelle.
Afin d’éclairer la pratique de la controversée GPA, l’autrice interroge l’évidence d’un continuum linéaire qui irait du désir d’enfant à son accueil, en passant par la conception, la grossesse, et l’accouchement, où seul le destin biologique définirait la mère.
Elle distingue d’abord les différentes modalités de la GPA : traditionnelle (bébé conçu par les gamètes de la gestatrice et du futur père), gestationnelle (avec les ovocytes de la mère d’intention ou d’une donneuse) ou relationnelle (pratiquée entre proches). Un état des lieux des corpus législatifs européens et d’Amérique du Nord permet un décentrement culturel, puisque chaque pays ou presque, désigne selon ses critères la mère légale, la « vraie mère ».
Les dynamiques parents-gestratices sont étudiées chez les hommes seuls, les couples hétérosexuels et homosexuels. Leurs récits de GPA sont issus de travaux universitaires américains, canadiens, israéliens…
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