Introduction
Dans le fonctionnement psychique – globalement organisé par la problématique infantile et donc l’organisation œdipienne et la conflictualité qui la caractérise – la question des limites ne se pose jamais comme telle : elle s’affine et se régule à travers l’analyse de la conflictualité. Quand la question des limites en vient à se poser comme telle, elle témoigne de l’échec de l’organisation de ce fonctionnement psychique suffisamment complexe dans lequel le renoncement à la logique de l’identité de perception, à cette logique du « tout » qui lui est inhérente, est en échec et reste sous la domination du processus archaïque. La problématique de la différence qui organise le champ clinique n’est alors plus celle de la différence des sexes et des générations, ni celle de la différence entre le sexuel infantile et le sexuel adulte, mais plutôt celle, basique, de la différence moi/autre. C’est la manière dont la limite passe entre le moi et le non-moi (voire le non-moi en moi) qui occupe le devant de la scène. Le fonctionnement psychique va alors devoir mettre en œuvre des formes de la fonction limite pour faire pièce à la menace que fait peser sur la psyché un fonctionnement en tout, tout de suite, tout seul, tout ensemble et tout en un, dans lequel chaque partie tend à se donner comme un tout, comme un équivalent du tout. Un tel fonctionnement menace l’autoconservation et les logiques de vie, il tend à leur substituer des « logiques de survie » (Green, 2000), qui peuvent faire apparaître les dispositifs analysants comme une véritable menace pour leur économie. Il tend alors à produire ce que j’ai proposé d’appeler des « situations-limites de la psychanalyse » (Roussillon, 1991) qui présentent toutes une forme de transfert paradoxal.
Déjà abonné ?
Les abonnements Carnet Psy
Accédez à tous les contenus Carnet Psy en illimité.
Découvrir nos formules
Déjà abonné ?
Les abonnements Carnet Psy