De quelques questions transculturelles posées par les jeunes filles de notre société multiculturelle
Dossier

De quelques questions transculturelles posées par les jeunes filles de notre société multiculturelle

Le corps est à la fois objet de fascination et de mépris. Fascination du charnel, il n’est qu’à voir les unes de nos journaux et surtout les photos des magazines. La sortie en première page d’un corps mis en scène et correspondant aux canons actuels de la beauté augmente les ventes de manière vertigineuse : on parle de cette photo, on la regarde, dans le cabinet du dentiste ou du coiffeur, dans le bus ou le métro, mais aussi dans nos consultations en particulier avec les adolescents et tout particulièrement les adolescentes, sensibles jusqu’à l’extrême parfois à ces questions de représentations de leur corps projetées sur l’autre. Mépris du charnel aussi quand on hiérarchise entre le corps et l’âme, entre le biologique et le psychique, entre l’objectivable du corps et l’ineffable de la subjectivité, quand on malmène son corps ou on lui refuse le plaisir ou même de petits bonheurs comme dans l’anorexie.

Marquages du corps

Pourtant, les adolescents, tous les adolescents, marquent leur corps ou imaginent le faire, directement par des piercings, des tatouages et indirectement par des vêtements, des coiffures, des dissimulations et des dévoilements. Pour ma part, je suis souvent confrontée en clinique1 à ces adolescents, fils de migrants, qui expriment leur souffrance sous des formes multiples mais très souvent inscrites dans leurs corps : irruptions brutales telles les tentatives de suicide, les crises d’angoisse, les bouffées d’allure délirantes... mais aussi des passages à l’acte délictueux, ou encore des pathologies à traduction directement corporelle (mutilations, marquage du corps...). Les adolescents arrivent souvent à la consultation en montrant d’emblée leurs poignets plein de cicatrices, quand ce n’est leurs cous ou leurs abdomens. Parfois se surajoutent à ces inscriptions, signes d’une souffrance aiguë, des marques qu’ils…

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Les abonnements Carnet Psy

Accédez à tous les contenus Carnet Psy en illimité.
Découvrir nos formules
Vous êtes abonné(e) mais ne connaissez pas votre accès, cliquez sur mot de passe oublié. En cas de difficulté, nous sommes à votre disposition à carnetpsy@gmail.com ou au 01 46 04 74 35.
dossier
7 articles
Actualité de la clinique transculturelle