Enfance et familles : péril imminent !
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Enfance et familles : péril imminent !

Dans les services de pédopsychiatrie, les professionnels voient s’accumuler les tensions : augmentation des demandes, délais qui s’allongent, équipes incomplètes, départs non remplacés. Les situations cliniques arrivent plus tard, plus graves, parfois déjà dégradées par l’attente.

Dans le même temps, les orientations actuelles privilégient des réponses rapides, centrées sur le repérage diagnostique et la prescription. Cette évolution transforme en profondeur la manière d’aborder la souffrance psychique de l’enfant. Or le travail clinique quotidien montre combien celle-ci s’inscrit dans une histoire singulière, dans des liens familiaux, scolaires et sociaux, dans un développement en cours. La pratique exige du temps, une élaboration partagée, une diversité de compétences.

Nous observons également un déplacement des moyens. Alors que les équipes manquent d’effectifs et de stabilité, les ressources restent insuffisantes pour assurer la continuité des soins. La démographie médicale fragilise encore davantage le dispositif. Sur de nombreux territoires, l’offre publique se réduit, laissant les familles face à des choix contraints ou à l’absence de solution.

Un autre élément pèse : le climat de suspicion qui s’installe autour de certaines pratiques et de certains établissements publics. Les débats théoriques deviennent des procès d’intention. La complexité du champ est simplifiée à l’extrême, comme si la crise actuelle trouvait son origine dans une orientation clinique plutôt que dans un affaiblissement structurel.

Le 24 février dernier, quelques jours après la suspension avec fracas et en urgence de plusieurs unités d’hospitalisation complète de la Fondation Vallée, une pétition est née de ces constats partagés sur le terrain. Elle vise à rendre visible cette réalité. Elle rappelle l’importance d’un modèle de soin pluridisciplinaire, inscrit dans le secteur public, en lien avec l’école, le médico-social et la justice. Elle insiste sur la nécessité de moyens adaptés aux besoins réels et sur l’écoute des professionnels qui travaillent au contact des enfants.

Si ce texte circule aujourd’hui, c’est parce qu’un seuil critique est atteint. La santé mentale des enfants engage l’ensemble de la société. Elle ne peut être pensée à partir de réponses fragmentées ni de décisions prises sans ceux qui en assurent quotidiennement la mise en œuvre. Nous invitons nos lecteurs à prendre connaissance de la pétition dans son intégralité : https://c.org/cwStKDn8gz