Esquisse d’une réflexion à partir d’une patiente mise sous contention
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Esquisse d’une réflexion à partir d’une patiente mise sous contention

Pour la survie du patient, il est une circonstance où la contention s’avère indispensable. La mise en danger est réelle lorsque les passages à l’acte hétéro-agressifs ou auto-agressifs demeurent menaçants ou établis, ou quand les risques de fugue chez un patient vulnérable représentent un trop grand péril pour lui-même ou pour les autres. Les mises en danger sont nombreuses et il n’est pas dans le propos d’en faire une liste exhaustive. La tentative de suicide est classique, celle d’homicide est plus rare, les violences sont assez fréquentes et en attendant que les traitements médicamenteux et psychothérapiques aient le temps de se montrer efficaces, il peut être nécessaire d’isoler la personne dans sa chambre et, dans les formes les plus sévères, de poser des contentions. Les malades qui souffrent d’anorexie mentale et qui refusent toute alimentation y compris par gavage peuvent aller jusqu’à arracher systématiquement la sonde naso-gastrique. Les conséquences deviennent alors très vite catastrophiques, particulièrement dans le cas de personnes déjà carencées au plan alimentaire. C’est une situation où la vie et la mort se jouent sur un moment bref, comme celui où le désespéré qui, voulant sauter par la fenêtre, doit être ceinturé et plaqué au sol. Le stress est en son acmé tant pour le patient que pour les soignants mis à une place de sauveteurs. D’autant qu’il n’y a pas que les psychismes à être durement sollicités, les corps sont aussi engagés dans un affrontement qui peut prendre des allures de combat au corps-à-corps. Face au patient qui met son corps en action pour se défendre d’un environnement qu’il juge hostile parce qu’il cherche à le contraindre, il s’agit d’opposer une force plus grande en intensité et en nombre. Le pulsionnel mortifère doit être stoppé par des kilojoules de force contraire, le temps nécessaire…

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