La pédopsychiatrie française vue par la Cour des Comptes
Éditorial

La pédopsychiatrie française vue par la Cour des Comptes

Rien à dire sur les constats du rapport dont les chiffres montrent clairement l’ampleur de la catastrophe. Il décrit par la négative tout ce que la pédopsychiatrie devrait accomplir et qu’elle ne peut pas assurer en raison de son manque de moyen structurel trop ancien et de sa désorganisation, due en grande partie au pilotage chaotique des pouvoirs publics, et de ce double fait, aboutissant à la désertification de ses postes de soignants.

En revanche, devant un tel constat, plutôt que de sonner les trompettes d’un plan Marshall dont les enfants et les adolescents de ce pays ont le plus grand besoin, voilà que notre Président de la Cour des comptes, pourtant socialiste et fils d’un psychologue et d’une psychanalyste, nous propose quelques pistes de réorganisation de la pénurie, à l’image de ce que nos tutelles font depuis des lustres : revoir l’organisation défaillante, créer des maisons de l’enfance avec un guichet unique centralisé, installer un délégué interministériel, augmenter les pouvoirs des agences régionales de santé, autant de cataplasmes sur des jambes de bois si les finances ne suivent pas.

Non, face à ce désastre, c’est la pédopsychiatrie de secteur qui doit redevenir la solution la plus efficace et la moins coûteuse. Elle a montré, lorsqu’elle était soutenue par nos gouvernants, qu’elle pouvait offrir des solutions proches des familles à la plupart des souffrances psychiques des enfants. Son abandon progressif par les décideurs ne résulte pas de son obsolescence, mais de l’absence des moyens qui lui auraient permis de répondre de façon humaine, cohérente et démocratique à ses missions de service public.

Si ce rapport est précieux par les données qu’il révèle, il est décevant par les perspectives beaucoup trop…

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