« Étranger, n’est-ce pas aussi pour l’analyste ce qui lui donne la liberté d’entendre et d’interpréter […] », Fédida, Le Site de l’étranger, Puf, Paris, 1995, p. 56.
« […] un espace de rencontre, de transformation et d’échange où se trouvent remis en question le sujet et sa subjectivité, l’objet et son objectivité ainsi que leurs limites oppositionnelles dans le concept qui les pense », Fédida, L’Absence, Gallimard, Paris, 1978, p. 108
D’une revigorante actualité du « discours vivant » et du « site de l’étranger »
Lorsqu’ils coïncident parfaitement, forme et fond indiquent les grands livres, ceux qui, d’être ainsi habités, nous habiteront de perspectives heureusement renouvelées.
L’ouvrage composé par Monique de Mattia-Viviès est de cette importance et de cette grâce, résumant implicitement son parcours de linguiste, détaillant les chemins l’ayant portée de la théorie vers la préoccupation soignante, mettant en exergue le corps de la langue, celui qui échappe irrésistiblement à son ordonnancement saussurien, en montrant combien et comment il lui a fallu sensiblement ouvrir, et dépasser, l’impasse de la langue sans chair.
La classique « limite oppositionnelle » du signifiant et du signifié, la barre qui les distingue, est donc retournée pour fondre l’arbitraire ascétique du lien. Professeure de linguistique anglaise à l’Université d’Aix-Marseille, ex-directrice de son Département d’études du monde anglophone, l’auteure suit ici, naturellement, les directions de Charles Bally (Le Langage et la vie, publié en 1913 : « Les créations de la parole sont affectives et subjectives »), d’Émile Benveniste (« La sémiologie de la parole a été bloquée, paradoxalement, par l’instrument même qu’il a créé : le signe ») et de Jacques Lacan (« Lalangue »). Par…
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