Introduction
Du côté du patient, rire en séance constitue l’expression d’une association libre, au même titre que des larmes, un râle ou toute autre manifestation psychocorporelle. Souvent, à l’instar d’un rêve, le rire peut nous habiter et faire son œuvre, avant de disparaître. À la différence du style de la cure-type, où le rire entre les deux protagonistes n’est pas très indiqué dans la mesure où il est susceptible d’attaquer la règle d’abstinence, le psychodrame est plus propice à l’observation des corps en scène et à des manifestations de présence qui sont susceptibles de provoquer le rire.
L’humour et la revitalisation des liens mortifiés
Défaire les logiques clivées
J’aimerais proposer ici l’hypothèse selon laquelle un rire partagé dans une fonction objectalisante est susceptible de défaire des logiques radicales, fixées ou clivées, et d’inviter à celles, plus souples, de l’ambivalence et de l’ambiguïté. Découvrir la force de l’ambivalence, c’est commencer à éprouver de la tendresse pour ses propres angoisses et fragilités. Ce qui était censé être opposé, voire ennemi, commence dès lors à jouer avec ses étirements et ses limites pour donner lieu à de nouvelles couleurs de pensée, plus nuancées et plus douces. Ce plaisir de jouer avec les scènes de la vie n’est pas donné à tout le monde et certains patients – ceux d’ailleurs qui, souvent, ne s’engagent pas dans le traitement – ne savent ou ne veulent pas jouer avec la fiction, « préférant » rester fixés à un scénario dont ils se gargarisent dans une jouissance mélancoliforme. Ce qui est spécifique au psychodrame, c’est que « tout » peut se jouer : des scènes de la vie passée, présente ou…
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