Le Surmoi apparaît d’une façon ou d’une autre dans les écrits de Freud dès les textes métapsychologiques des années 1915 – et sans doute encore plus avant, dans l’identification de l’agent porteur de la menace de castration ; toutefois, c’est surtout avec Le moi et le ça et la deuxième topique, en 1923, qu’il occupe une place clairement identifiée dans la conflictualité psychique.
Les psychoses, un impensé du Surmoi
Or, malgré cette nouvelle tournure de la théorie, il demeure assez difficile de penser le Surmoi dans les psychoses dans les termes de la deuxième topique. On a, au contraire, l’impression que les idées qui prévalent avant la deuxième topique ont toujours cours concernant le lien de ces pathologies avec le Surmoi, même après le tournant des années 1920. Il est assez caractéristique que dans des textes comme « Névrose et psychose » (Freud, 1924b) et « La perte de la réalité dans la névrose et la psychose » (Freud, 1924e), qui sont donc écrits après Le moi et le ça, Freud maintient dans les grandes lignes une opposition entre névroses et psychoses selon le critère de la prise en compte de la réalité dans son opposition aux pulsions, le Surmoi étant présenté comme un presque équivalent de la réalité : il soutient que, dans les névroses de transfert, le Moi, « au service du surmoi et de la réalité », « entre en conflit avec le ça » (Freud, 1924b, p. 4), alors que dans les psychoses nous faisons l’observation inverse : « l’effet pathogène dépend de ce que le moi, dans une telle tension conflictuelle, ou bien reste fidèle à sa dépendance à l’égard du monde extérieur et tente de bâillonner le ça, ou bien se laisse terrasser par le ça et par là s’arrache à la…
Déjà abonné ?
Les abonnements Carnet Psy