Commentaire du texte de Michel Pinardon
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Commentaire du texte de Michel Pinardon

Ce témoignage est précieux, par son authenticité. Mais il est dur, et pose des questions difficiles à la psychiatrie, dans un contexte où celle-ci est vivement contestée, que ce soit à propos des traitements antidépresseurs peut-être trop nombreux, des pratiques de contention qui seraient en augmentation, ou de ses fourvoiements sur les causes de l’autisme. Je soulignerai quelques aspects de ce témoignage, mais une question se pose au préalable.

Est-ce qu’on peut tout dire à des profanes ?

Ce témoignage nous emporte et nous convainc de la réalité de ce qu’il décrit. Il est brutal dans son absence d’apprêt, d’enjolivement. Ici, pas de feutrage du propos, l’auditeur n’a qu’à bien se tenir. Il est invité à ne pas se boucher les oreilles et à ne pas se voiler la face. Le récit organise un véritable suspense : et si cela allait mal se terminer ? À la fin heureusement l’apaisement de la patiente nous soulage.

Je me souviens qu’au début des années 70, le Pr Serge Lebovici, adossé au Conseil de l’Ordre, avait fait déprogrammer par la télévision une émission sur l’autisme qui montrait sans fard les balancements, stéréotypies et auto-érotismes d’un tout jeune patient. L’argument était que l’exposition au public de ces comportements, hors contexte, hors histoire, relèverait d’un exhibitionnisme malsain, et pas d’une saine volonté d’instruire. Ces scrupules semblent aujourd’hui d’un autre âge. Pourtant, quand nous communiquons à propos de nos patients et malades, nous devons être aussi conscients que possible que, ce faisant, nous modelons à notre tour les représentations qu’a le public des malades et de leurs troubles. Je pense que le Pr Lebovici souhaitait éviter que le grand public se représente les autistes comme des monstres de…

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