La première rencontre : une première séance ?
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La première rencontre : une première séance ?

« Le malade, tout au début de son analyse, pose au médecin la désagréable question que voici : “Quelle sera la durée du traitement ? Combien de temps vous faut-il pour me débarrasser de mes souffrances ?” […] Sa réponse ressemble à celle d’Ésope dans la fable du voyageur qui l’interroge sur la durée du chemin. “Marche”, ordonne-t-il et explique que pour calculer la durée du voyage, il faudrait connaître le pas du voyageur »

Sigmund Freud, 1913, p. 86 

Si la question du patient – tout autant que la réponse intérieure de l’analyste – reste d’une étonnante actualité dans la clinique du XXIe siècle, le clinicien moderne a sûrement davantage de questions à se poser, car moins de patients nous arrivent aujourd’hui avec une demande explicite d’analyse, voire d’une « simple » psychothérapie à durée indéterminée. Il est commun d’entendre dans notre profession que « tout » serait dit lors de la première séance, et que le reste du travail – décliné sur des années – consisterait dès lors à déplier ces éléments à la chaleur du transfert. Difficile d’apprécier la validité de cette idée qui ressemble à celle qui voudrait que « toute la psychanalyse » soit déjà contenue dans l’œuvre de Freud. Le vertige de la première rencontre nécessiterait-il que le clinicien recherche d’emblée une finitude afin de réduire un peu son angoisse du voyage ?

À ce sujet, nous ne résistons pas au plaisir de partager au lecteur de Carnet Psy cette réponse d’Antonino Ferro (2020, p. 46) à un jeune analyste qui le questionnait sur les enjeux de la première rencontre : « Je crois que [les premiers entretiens sont] quelque chose de semblable à ce qui arrive lors d’une…

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