Lorsque quelqu’un vient rencontrer un psychanalyste, il est en général dans une situation d’anxiété, voire d’angoisse, en tout cas d’inquiétude sur ce qui se passe en lui. On pourrait même dire qu’il éprouve, en plus, une certaine peur à l’idée de se rencontrer lui-même – ou quelque chose d’inconnu et d’inquiétant en lui –, à la faveur de sa rencontre avec le personnage énigmatique du praticien dont on lui a donné le nom.
La conjoncture initiale
L’angoisse de celui ou celle qui consulte est naturellement de degré variable et il est important de percevoir comment la situer par rapport à deux pôles contrastés : celui d’une « crise », c’est-à-dire d’un état récemment apparu à la faveur d’un élément traumatique ou d’un épisode de vie et, de l’autre, celui d’une situation psychique, installée depuis des mois et au cours de laquelle l’angoisse a été plus ou moins palliée par des symptômes ou des comportements. Il est clair qu’il ne s’agit jamais de tout l’un ou tout l’autre, et une situation de crise peut survenir d’autant plus facilement qu’une organisation symptomatique peut s’y prêter.
Lorsque l’on a affaire à une situation de crise – à un état de l’ordre du traumatisme en somme –, la question de mettre en place une analyse ne se pose pas dans l’immédiat et c’est d’abord d’une psychothérapie qu’il devra s’agir. À l’inverse, devant une anxiété qui sous-tend depuis des mois des troubles symptomatiques, la question de la mise en place d’une analyse se pose, à plus ou moins court terme, si le fonctionnement psychique du patient peut s’y prêter.
Dans les deux cas, le seul fait de rencontrer un psychanalyste…
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