Une nouveauté émerveillée
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Une nouveauté émerveillée

J'aime la phrase d'André Breton qui introduit cette partie du colloque : « Je m’étais perdu à moi-même et tu es venue me donner de mes nouvelles. ». Elle diffère quelque peu de celle que le même André Breton a écrit au début du livre L'amour fou. Il y note, en effet : « C’est comme si je m’étais perdu et qu’on vînt, tout à coup, m’apporter de mes nouvelles. »1. Cette dernière affirmation est, pour ainsi dire, moins adressée : à la place du « tu » féminin de la première phrase, il y a un « on », plus vague, plus indéterminé. Mais il n’y a pas de «moi-même», non plus. Or « se perdre » et « se perdre à soi-même » n’ont pas tout à fait le même sens. Et l’affirmation « je m’étais perdu à moi-même » n’est pas l’équivalent, non plus, de « c’est comme si je m’étais perdu » 2. Elle est plus radicale et il en résulte déjà deux sortes distinctes d’amours fous.

La phrase du livre, introduit, par ailleurs une notion essentielle, absente de celle qui figure dans le Programme. Je fais ici référence à la notion de « tout à coup », qui souligne le caractère subit - sinon inattendu ou inespéré - des nouvelles qui sont apportées à ce « je » qui s’est perdu à lui-même. Or l’évènement - ou l’avènement - de « l’amour fou » a beau être soudain - voire foudroyant comme dans le « coup de foudre » -, il y…

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L'amour fou