Débat entre Régine Prat et Sylvain Missonnier, animé par Jérémy Tancray
Régine Prat, on vous connaît pour vos travaux autour du bébé, notamment le concept de tact-pulsion que vous avez développé dans votre dernier ouvrage (Prat, 2023). Mais vous êtes également une clinicienne qui a reçu, et reçoit encore, beaucoup d’enfants pour des problématiques variées. Pourriez-vous nous expliquer votre position de base sur la consultation avec les parents qui s’inspire beaucoup, vous le dites souvent, de l’approche de James Gammill1 ?
Régine Prat : La première consultation commence en général au téléphone. Je donne un créneau horaire sur le répondeur, ou par mail, où l’on peut me joindre directement, dans un moment où je peux me rendre disponible. Je demande à la personne qui téléphone, lorsque la formulation est simplement de « prendre un rendez-vous », s’il s’agit d’une demande pour elle-même. Lorsqu’il s’agit d’un enfant, je demande ce qui se passe et, en général, j’engage un échange sur les symptômes ; je demande depuis combien de temps cela dure, ou que la personne s’inquiète. Je ne reste jamais au-delà de quelques minutes au téléphone et prends l’initiative de proposer que l’on s’arrête là, pour en parler tranquillement, d’abord sans l’enfant, et j’ajoute que nous prévoirons un rendez-vous spécifique pour l’enfant lorsque nous nous verrons. Lorsque les parents sont séparés, je demande si cela pose un problème de les recevoir ensemble ; dans le cas contraire j’indique que je recevrai l’autre parent à un moment qui lui conviendra et je demande qu’il me contacte. Dans le cas fréquent où il est indiqué que le père ne pourra pas être présent car il travaille, je dis qu’il n’y a pas d’urgence et que nous allons chercher une possibilité pour laquelle il…
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