Introduction
En psychanalyse, la période de latence de l’enfance est un carrefour fondamental dans le développement psychique de l’individu¹. Qualifiée par René Diatkine (1985) d’« entre-deux crises » – l’œdipe et la puberté – elle est, dans la théorie psychanalytique classique, le moment du grand refoulement du projet œdipien qui permettra à l’enfant de diversifier et modifier en profondeur ses investissements objectaux. Au-delà des apprentissages scolaires, la lecture en particulier, c’est tout un univers qui s’ouvre en effet à l’enfant entre 6 et 11 ans, notamment par le redéploiement de sa sexualité infantile vers son groupe d’amis (en général du même sexe), l’épaississement de son monde imaginaire et son intérêt pour de nouveaux objets culturels². Pourtant, l’adulte – psychothérapeute compris – qui souhaite se pencher sur son fonctionnement psychique se heurte rapidement à l’activité défensive typique de cet âge : méfiance, évitement, obsessionnalité, pudeur, secret et refoulement massif de ses motions pulsionnelles. Paradoxalement, c’est à cette période que la majorité des demandes de suivis psychologiques émerge pour l’enfant, très rarement à son initiative mais plutôt à celle de ses parents, de l’école parfois. Parmi ces demandes, certaines relèvent bien d’un travail de psychothérapie individuelle – plus ou moins intensif selon la gravité des troubles car, comme le dit Winnicott (1958, p. 89) « un enfant en période de latence qui est “fou” est très gravement malade et requiert des soins » – d’autres non. C’est à ces dernières que ce travail va se consacrer, car elles sont une part non négligeable de la pratique du psychothérapeute d’enfants et nécessitent une attention particulière en dépit de leur bénignité apparente. Cet article s’intéressera aux racines inconscientes de ces demandes et au travail de consultation thérapeutique qui peut s’engager avec les parents.
Questionner l’utilité…
Déjà abonné ?
Les abonnements Carnet Psy