Introduction
Un moment d’histoire : lorsqu’on interroge le Maréchal Goering après la Shoah au procès de Nuremberg en 1945, il cite ces propos d’Hitler au cours de la réunion des hauts dignitaires nazis du 22 août 1939 : « … votre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J’ai donné ordre à des Unités Spéciales de la S.S. de se rendre sur le front polonais (envahie le 1er septembre 1939) et de tuer sans pitié, hommes, femmes et enfants. Qui donc parle encore aujourd’hui de l’extermination des Arméniens ? ». Cette référence explicite aux massacres des Arméniens par l’Empire Ottoman en 1915 n’a pas échappé à Sigmund Freud qui connut la Première Guerre mondiale et fit mention des malheureux infidèles, les « cavours », sans nommer explicitement les Arméniens d’Anatolie, victimes de la barbarie destructrice. Depuis Totem et tabou (1912), Malaise dans la Civilisation (1929), L’Avenir d’une illusion (1927) et Moïse et le Monothéisme (dernière version 1939), Freud étudie la spécificité de la psychologie collective et ses rapports à la barbarie. Selon lui, depuis la nuit des temps, l’humanité serait construite à partir du Tabou du meurtre du père et de celui de l’inceste. La conception de l’origine de la construction de la vie psychique reposerait, à partir du mythe d’Œdipe, sur la culpabilité d’avoir tué le père et de réaliser l’inceste. Cette conception psychanalytique, évidemment éloquente, définit la nature de la psychologie individuelle et aussi la psychologie collective.
Nous citerons volontiers la rencontre entre Freud et Einstein en 1926, le second se rapprochant de Kant (1788) selon qui le « gouvernement international et Dieu n’existent pas ». Dans leur correspondance au sujet de la question juive en Palestine (1927) – où l’on trouve la formule d’Einstein « Tant qu’il y aura des hommes,…
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