Psychomachie
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Psychomachie

L’étude des cas et des situations concrètes, replacés dans leur contexte social et historique, permet de comprendre le phénomène de l’engagement subjectif dans une guerre que j’ai appelé « psychomachie », terme emprunté à un auteur chrétien du IVe siècle qui a formé le mot psychomachia pour désigner l’état de l’âme totalement livrée au combat (máchē) dans lequel « le Bien se venge du mal ».

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 en France¹ – qui a duré huit mois, à partir du 8 septembre 2021 – a mis en relief un aspect troublant concernant le motif principal supposé de leurs auteurs. Plusieurs d’entre eux n’avaient pas un ancrage religieux radical clairement établi. Lorsqu’il y en avait un, on s’aperçoit qu’il est intervenu à la suite d’un virage rapide qui a précédé de peu leur engagement dans l’action et qu’il est caractérisé par une certaine labilité. Ce constat est fréquent, que ce soit chez des jihâdistes sur des terrains de guerre, chez des terroristes qui se sont attaqués à des populations civiles, ou bien chez des logisticiens ayant apporté assistance aux attaquants. Lors du procès en question, le président de la Cour, n’a pas manqué d’exprimer sa perplexité, à plusieurs reprises, concernant la rigueur de la notion de « radicalisation ». Le cas de Salah Abdeslam² est représentatif à cet égard d’un grand nombre de ces partisans du jihâd, que l’on a vu apparaître dans beaucoup de pays, dont la radicalité religieuse est équivoque. Il est temps de s’interroger sur cette radicalité, sa genèse, son évolution, sa fonction causale dans le parcours de ceux qui sont supposés être des « combattants de la foi ».

Les équivoques de la radicalisation

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7 articles
La Guerre. Aux limites de la civilisation