Les signifiants formels comme un lointain écho du bébé que nous avons été
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Les signifiants formels comme un lointain écho du bébé que nous avons été

Introduction

C’est pour moi un grand plaisir et un grand honneur d’être là, et mes remerciements vont d’abord à Catherine Chabert, à Dominique Cupa, à René Kaes et à René Roussillon qui ont choisi de me faire une place dans le programme de cette journée si féconde, et si précieuse. Merci aussi à Manuelle Missonnier et à toute l’équipe de la revue Le Carnet-PSY d’avoir assumé l’organisation exemplaire de cette journée à l’évidence si mobilisatrice qu’on mesure à quel point elle était nécessaire. De ma rencontre avec Didier Anzieu, j’évoquerai seulement trois points :

– Tout d’abord, même si ce n’est pas l’élément essentiel de son trajet, je me dois cependant de rappeler qu’il a été Président de la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et -il aimait à la souligner- le seul Président qui n’ait été ni psychiatre, ni pédopsychiatre ce qui, bien entendu, donnait un sens particulier à son élection.

– Sur un plan plus rapproché, je me souviens aussi de la merveilleuse conférence sur le Moi-Peau qu’il était venu donner à l’hôpital Saint-Vincent de Paul, en 1991, et dont toute mon équipe a gardé un souvenir exceptionnel.

– Mais, sur un plan plus personnel encore, j’ai aussi à cœur de dire qu’il a été l’un des trois analystes qui m’ont reçu pour m’accepter en formation à l’Association Psychanalytique de France. Il s’agit donc d’un personnage dont l’importance de l’œuvre, bien entendu, n’échappe à personne mais qui demeure pour moi, à un titre plus personnel, tout à fait essentiel dans mon trajet psychanalytique, comme un lointain écho toujours présent des tout premiers balbutiements, des toutes premières affirmations de mon désir de devenir analyste …

C’est donc avec une grande émotion que j’aborderai aujourd’hui la question des signifiants formels qui constituent l’un des aspects de sa pensée si créative, et toujours tellement vivante pour nous tous.

Après avoir rappelé ce qu’il en est du concept plus général de signifiant archaïque, je parlerai ensuite plus spécifiquement des signifiants formels avant de conclure sur la question de leur historicisation au cours de l’ontogenèse psychique.

Les signifiants archaïques

Les signifiants formels font partie de ce que l’on appelle aujourd’hui les signifiants archaïques dont la description a renouvelé l’approche des origines de la pensée. Je citerai tout d’abord A. Green qui nous dit dans son travail sur L’originaire et la pensée des origines 44 (Topique, 49) : “L’enfant se demande : d’où viennent les enfants ? L’analyste se demande : d’où vient le psychisme ? Tous deux élaborent (ainsi) un mythe des origines. Ce qui permet de conclure (dit-il) que l’originaire est la théorie sexuelle infantile de l’analyste sur son objet : la psyché”. Quoi qu’il en soit, l’instauration de l’appareil psychique correspond, schématiquement, à la mise en place des contenants de pensée, des contenus de pensée et des liens.

Dans cette perspective, les signifiants archaïques valent certes comme contenus primitifs de pensée, mais ils ont aussi valeur de contenants primordiaux et de proto-représentations de liens. En ce qui concerne les contenus de pensée, la conception actuelle du développement de la vie fantasmatique et symbolique du bébé repose au fond sur une sorte de trépied théorico-clinique :

  • Le double ancrage corporel et interactif des PSP
  • Le concept de traductions successives des différents types de matériaux psychiques
  • La double dynamique enfin de décentration et d’intériorisation progressive du contenant primordial

I- Le premier élément de ce trépied est donc constitué par ce que l’on peut désigner sous le terme de double ancrage, corporel et interactif, des processus précoces de symbolisation.

– L’ancrage corporel renvoie à la primauté des sensations et à la préséance du Moi-corps très fortement mise en avant par S. Freud lui-même, et qui se retrouve bien entendu dans les travaux de D. Anzieu sur le Moi-peau, mais aussi dans ceux ayant trait aux enveloppes corporelles et qui ont été développés par E. Bick, G. Haag, D. Houzel…

– L’ancrage interactif ou relationnel souligne, quant à lui, la nécessité du détour par l’autre, indispensable à l’enfant pour donner progressivement forme et sens à ses sensations ainsi destinées à devenir perceptions.

Cet ancrage relationnel a été souligné par de nombreux auteurs. A titre d’exemples, on peut citer D.W. Winnicott dont la phrase célèbre : “Un nourrisson tout seul, ça n’existe pas” est ainsi à entendre au niveau de l’instauration même de l’appareil psychique du bébé. Mais on peut également citer W.R. Bion avec son concept de “fonction alpha”, et aussi A. Green qui a fait remarquer qu’aucun psychisme ne peut s’instaurer et s’éprouver lui-même comme tel sans se donner d’abord à penser à un autre psychisme.

– Finalement, ce concept de double ancrage corporel et relationnel des processus de symbolisation se retrouve également chez R. Kaës quand il nous dit que le monde est corps et groupe, qu’il n’est que corps et groupe.

II- Le deuxième élément du trépied se voit illustré par le concept de traductions successives et stratifiées dont l’histoire part de la correspondance entre S. Freud et W. Fliess pour aller jusqu’aux travaux de P. Aulagnier et de J. Laplanche qui, dans sa réflexion sur la question de la séduction originaire, considère le passage traductif d’un registre à l’autre comme le mouvement fondateur de l’inconscient primordial (du fait des restes, ou “fueros” qui échappent à chaque palier traductif au processus de “métabolisation”). Dans la perspective de P. Aulagnier, on peut retenir que les processus originaires, primaires et secondaires du fonctionnement psychique vont œuvrer conjointement tout au long de la vie du sujet avec leurs effets respectifs de mise en forme, de mise en scène et de mise en sens. Pour cet auteur, on le sait, les processus originaires constituent au fond -et pour toujours- le socle et le soubassement vivants et actifs des deux autres registres, à savoir le registre fantasmatique (pour les processus primaires), et le registre idéique (pour les processus secondaires). Au niveau des processus originaires, P. Aulagnier a surtout travaillé le concept de “pictogramme”, mais il existe actuellement tout un courant de recherches psychanalytiques visant à préciser le concept de signifiant archaïque (ou de signifiant primordial) dans lequel on aimerait voir l’élément constitutif des futures représentations mentales qui en dériveraient alors par combinaison et par complexification graduelles. Ajoutons en tout cas que ce modèle de fonctionnement stratifié apparaît comme relativement compatible avec certains systèmes modernes de traitement des informations, voire avec certains modèles d’intelligence artificielle.

III- Le dernier élément du trépied correspond enfin à une double dynamique de décentration et d’inclusion progressives du contenant primordial. Au début, c’est l’objet primaire qui contient le psychisme du bébé et qui aide celui-ci dans son repérage des premières structures élémentaires de signification au sein de son environnement. Ce premier temps se joue impérativement sur un fond de présence maternelle ou plutôt de fonction maternelle. Au bout du chemin, l’enfant deviendra capable d’évoquer symboliquement la mère absente, voire même l’absence de la mère, qui sera donc ainsi passée du statut d’objet contenant à celui d’objet contenu, passage qui suppose l’intériorisation par l’enfant de la fonction contenante de l’objet primaire au titre de contenu fonctionnel.

Entre ces deux temps, il existe un moment de bascule qui parait correspondre à ce que G. Haag a décrit sous le terme “d’identifications intra-corporelles”, le bébé rejouant dans son corps et son “théâtre comportemental” quelque chose de la fonction maternelle, et ceci surtout lors des moments de creux interactifs, c’est-à-dire en cas de présence physique de la mère mais sur le fond d’une distanciation psychique relative de celle-ci (ce dont D. Braunschweig et M. Fain, par exemple, avaient déjà parlé sous le terme de “censure de l’amante”).

On aboutit ainsi à l’hypothèse d’une tripartition des processus psychiques (originaires, primaires et secondaires) selon le schéma de P. Aulagnier qui renvoie peut-être à une sorte de psychanalyse du développement, mais surtout, me semble-t-il, à une reconstruction après-coup d’un registre de l’originaire, avec cette hypothèse forte d’un “avant-primaire” qui vaudrait, selon A. Green, comme “théorie sexuelle infantile des psychanalystes”, nous l’avons vu précédemment.

– J’ajoute que si les signifiants archaïques ont valeur de proto-représentations (de fragments d’espace, de segments du corps, et de jonctions) qui constituent, en quelque sorte, les briques élémentaires des représentations mentales ultérieures, ces proto-représentations impliquent d’emblée une dimension réflexive, P. Aulagnier ayant toujours insisté sur le fait que la psyché avait d’emblée pour tâche de se donner à elle-même une représentation de son propre fonctionnement (ce qu’elle désignait du terme de “fonction auto-théorisante” de la psyché).
– Avec humour, D. Anzieu faisait remarquer que penser la question des origines renvoie tant et si bien à la question du narcissisme primaire, que le narcissisme des différents auteurs qui ont voulu traquer les proto-représentations mentales, se trouve en fait lui-même fortement sollicité, d’où un florilège de concepts et “d’appellations contrôlées” qui se recouvrent parfois plus ou moins partiellement. Citons en vrac :

  • les “Idéogrammes” de W.R. Bion (qui représentent les véritables ancêtres épistémologiques des signifiants archaïques),
  • les “Pictogrammes” 18 de Piera Aulagnier,
  • les “Signifiants formels” 13 de Didier Anzieu qui centrent mon propos,
  • les “Signifiants de démarcation” 63 de Guy Rosolato,
  • les “Signifiants énigmatiques” de Jean Laplanche,
  • les “Représentations sémiotiques” de Julia Kristeva,

Mais aussi, dans le cadre des travaux conduits par les cliniciens de l’enfance :

  • les “Représentations de transformation” 32 de Bernard Gibello,
  • les formes ou contours autistiques de Frances Tustin et,
  • les identifications intra-corporelles de Geneviève Haag.

En tout état de cause, on a là une sorte d’ex-port du concept de “signifiant” au-delà du champ linguistique saussurien, ce qui ne va pas, on le sait, sans poser un certain nombre de problèmes ou de difficultés épistémologiques. J’en viens donc maintenant plus particulièrement aux signifiants formels.
Selon D. Anzieu, le matériel analytique se doit en effet de prendre en compte :

  • le discours
  • les affects
  • les sensations primitives (tactiles, olfactives, kinesthésiques, et même coenesthésiques)
  • les formes élémentaires de l’espace imaginaire, enfin.

Autrement dit, les représentants de choses et les représentants de mots (distingués par S. Freud), mais aussi les représentants de formes, et c’est là qu’intervient le concept de “signifiant formel”.

Document audio

Avec l’accord d’Annie Anzieu, je voudrais maintenant faire résonner la voix de D. Anzieu pendant quelques minutes. Il s’agit d’un enregistrement du 24 juillet 1986 -il y a 20 ans déjà !- enregistrement recueilli lors d’un congrès sur l’adolescence qui se tenait à la Faculté d’Assas à Paris, et au cours duquel D. Anzieu avait présenté son concept de “Moi-peau”. En raison de l’absence imprévue de J. de Ajuriaguerra, D. Anzieu avait alors profité d’un petit laps de temps supplémentaire pour évoquer le concept de “signifiant formel”. Il s’agit, bien sûr, d’un document très émouvant, mais l’écouter ensemble aujourd’hui, est un choix qui m’a paru utile pour rendre D. Anzieu présent parmi nous, une fois encore.

Définitions

Début de l’enregistrement

Les signifiants formels ont trait à des modifications de l’espace et ont un rôle fondamental dans la constitution des enveloppes psychiques. Un carré de peau se rétrécit, une peau commune est arrachée (fantasmes classiques), un volume s’aplatit, une surface plane s’incurve et tourbillonne, une ligne droite se courbe, s’incurve … “Avec vous, c’est comme avec Einstein, je lance un message mais en cours de route il s’incurve et il passe à côté” (expérience de la difficulté de communiquer). Un axe vertical s’inverse, un appui s’effondre, une poche se creuse, une bulle se clôt sur elle-même, un orifice s’ouvre et se ferme, une cavité se vide et se remplit, une coiffe se superpose, un bras s’allonge, un sac percé fuit, un trou aspire, un corps se dédouble … Allusion parfois aux états de la matière, ce qui est compréhensible car il s’agit d’une étape du développement psychique où matière et espace sont encore indifférenciés.

Exemples : un corps solide est traversé, un corps gazeux explose, un corps liquide s’écoule ou est pris d’une agitation dangereuse… Angoisses fondamentales du tout-petit.

Fin de l’enregistrement

Pour ne pas faire durer l’émotion plus qu’il ne convient, j’arrête là l’enregistrement, et je vais maintenant donner moi-même la suite des considérations de D. Anzieu sur les signifiants formels. Je le cite :

“Les caractéristiques du signifiant formel le distinguent du scénario fantasmatique. Le scénario fantasmatique est construit sur le modèle de la phrase qu’il met en images essentiellement visuelles, donc -au sens freudien du terme- il est postérieur à l’acquisition du langage puisqu’il consiste en un sujet, un verbe, un complément d’objet figurés par des personnes ou des animaux. S’y ajoute en général un spectateur de l’action qui représente le sujet de l’énonciation en tant que distinct du sujet de l’énoncé. L’action du fantasme se déroule dans un espace à trois dimensions, et occupe une certaine durée. Exemple-type : “On bat un enfant” ou, pour respecter le mot à mot allemand, un enfant est battu (par son père). L’investissement pulsionnel est un mixte de pulsions sexuelles et de pulsions agressives.

Par opposition, les signifiants formels sont constitués d’images tactiles, proprioceptives, coenesthésiques, kinesthésiques, posturales, d’équilibration, et non plus d’images visuelles et/ou sonores comme les scénarios fantasmatiques. Leur mise en mots se limite non plus à la phrase mais au syntagme verbal, c’est-à-dire à l’ensemble sujet grammatical et verbe, sans complément (intransitivité) : un trou aspire, un morceau de peau se rétrécit … Le verbe est généralement réfléchi. Il échappe à la voie active comme à la voie passive. Le sujet grammatical est rarement une forme et rarement une personne, mais plutôt une forme ou une partie d’un corps, une partie de l’espace. Il ne s’agit pas d’une scène au sens théâtral, ni d’une scène au sens architectural, mais d’une transformation d’une caractéristique géométrique ou physique d’un corps, ou d’une portion de l’espace. Cette transformation se déroule sans spectateur. Elle est même souvent ressentie par le patient comme étrangère à lui-même. L’espace du signifiant formel n’est plus un espace tridimensionnel mais un espace bidimensionnel.

Les transformations qui arrivent aux signifiants formels relèvent des types de confusions essentiellement dedans/dehors, alors que les actions qui figurent dans les scénarios fantasmatiques relèvent de la confusion imaginaire/réel. Ces signifiants formels sont monotones, répétitifs, identiques, ne suscitent pas de variantes alors que dans le cas des scénarios fantasmatiques, on a au contraire affaire à beaucoup de variantes avec tout un jeu de permutations de places et de personnes. Ces signifiants formels sont porteurs de transformations et concernent (liste non exhaustive) : le rétrécissement, la courbure, l’aplatissement, l’ondulation, l’aspiration, le tourbillon, la chute, le vidage, l’arrachage, le transpercement, l’explosion, à quoi il convient d’ajouter des mécanismes de défense psychotiques actifs contre les contenants autant que contre les contenus : la fragmentation, la déchirure, la pulvérisation …
A côté de ces transformations pathologiques, il y a des représentants de transformations plus généraux et plus normaux qui vont jouer un rôle dans le développement du Moi et des enveloppes psychiques : la superposition, l’emboîtement, le décollement, le dédoublement, l’inversion de sens, la trace, le jeu ouverture/fermeture, la convergence, la perspective, l’écart et plus spécialement encore les deux qui paraissent les plus importants :

  • la transformation symétrique en trois plans de l’espace vertical, horizontal et sagittal
  • la transformation par réflexivité (tactile, olfactive, visuelle, auditive et intellectuelle).

Tout un travail psychanalytique demeure encore à faire ici. Ces signifiants formels semblent pertinents pour décrire la construction du Moi et du Soi. Ils sont aisément métaphorisables. Ils introduisent au repérage des enveloppes psychiques et de leurs altérations. Ils semblent investis, ce qui est important à dire dans le cadre de la série sur l’attachement, par la pulsion d’attachement et par la pulsion d’auto-destruction (pulsion de mort), et leur identification par l’analyste parait nécessaire avant l’interprétation de la pulsion à l’œuvre et des fonctions du Moi altérées”. (fin de citation)

A partir de ces définitions, on sent bien comment ces signifiants formels s’offrent en fait comme une première ébauche de représentation des expériences initiales du bébé, ancrées dans le corps et les sensations, nous parlant des expériences de transformation spatiale et temporelle, figurant des processus de jonction ou de déliaison, et il y aurait bien sûr de nombreuses pistes de réflexion, parmi lesquelles j’indiquerai seulement :

– Les points de divergence ou de convergence entre ces signifiants formels de D. Anzieu et les “Signifiants de démarcation” de G. Rosolato

– La capacité ou l’incapacité de ces signifiants formels à représenter quelque chose des tout premiers liens d’attachement

– La dimension de message adressé ou non de ces signifiants formels
– La question de la forme, du contenu, et des liens de ces “signifiants formels” avec la perception externe. A ce sujet, je mentionnerai seulement les réflexions très intéressantes de L. Danon-Boileau qui voit dans les signifiants formels la figuration de sensations corporelles dépourvues de liens avec les perceptions externes, mais pourtant susceptibles de traduire quelque chose des premiers éprouvés de l’enfant dans sa relation avec sa mère, figuration à la fois incommunicable en tant que témoin direct d’une sensation interne, mais pourtant susceptible de se mettre en mots. Pour conclure, j’évoquerai maintenant la question de l’historicisation des signifiants archaïques et de leur reprise au sein de la dynamique de l’après-coup.

Historicisation des signifiants archaïques

Les destins de l’originaire

Dans un travail précédent, je m’étais penché sur la question des destins de l’originaire, en général. Les matériaux originaires, à fonction pré ou proto-représentative, nous invitent en effet à penser de diverses manières, la notion de leur devenir : soit comme un matériau-socle sous-tendant toute la suite des transformations processuelles, soit comme un matériau réactivable dans un temps second, soit enfin comme un type de travail psychique indéfiniment repris aux niveaux ultérieurs du fonctionnement psychique, en précisant toutefois qu’il importe de penser que l’après-coup nous vient toujours de l’autre et de son travail de transformation psychique et ceci, soit dans une perspective interactive, soit dans une perspective inter-générationnelle.
A titre d’exemples :

  1. Pour l’originaire comme matériau-socle, on pense aux processus originaires et aux “ilôts autistiques” décrits par Sydney Klein.
  2. Pour l’originaire comme matériau réactivable, on pense notamment aux identifications adhésives, à la communication analogique et aux processus d’attachement.
  3. Pour l’originaire enfin comme type de travail repris en permanence aux différents niveaux de la réprésentance, on pense par exemple à l’oscillation dialectique entre position schizo-paranoïde et position dépressive, mais aussi à l’accès à l’intersubjectivité et au deuil de l’objet primaire, et à la question, enfin, de la bisexualité psychique et de ses précurseurs.

Pour revenir un instant sur la première perspective de l’originaire comme matériau-socle, on sait en effet que, pour P. Aulagnier, les processus originaires forment le soubassement des processus psychiques ultérieurs qui en dérivent et dès lors, la question n’est pas “d’en avoir ou pas” – des processus originaires – mais bien plutôt “de savoir ce qu’on en fait …”. Autrement dit, des processus originaires ou archaïques, tout le monde en a, en réalité, et pas seulement le bébé, mais ces processus peuvent s’avérer structurants ou entravants, selon les cas.

Pour être structurants, ils doivent pouvoir faire l’objet de traductions et de retraductions successives -et ceci, dans le cadre de la relation avec un adulte parlant, ou à tout le moins pensant- et ils doivent également pouvoir être pris dans un processus d’historicisation et de circularisation propre au champ de la dynamique de l’après-coup.
Le rêve pouvant être conçu comme un travail quotidien de primarisation des processus originaires (B. Golse), on peut comprendre alors l’importance quantitative du pourcentage de sommeil paradoxal chez les bébés, et l’intensité qualitative des processus oniriques chez les adolescents. Le film Rêves de Kurosawa qui, par le biais d’un procédé cinématographique original, inversait la dynamique nocturne de la fonction onirique, me semble venir utilement à l’appui de ces conceptions.

Les destins des signifiants formels (et des signifiants archaïques en général)

Dans la même optique, je me centrerai, maintenant, plus spécifiquement sur la question des destins des signifiants formels :

  1. Eux aussi peuvent faire l’objet d’une primarisation et d’une secondarisation ultérieures (on retrouve là la piste du matériau-socle).
  2. Ils peuvent par ailleurs s’organiser en enclaves non entravantes pour la croissance et la maturation psychiques du sujet, voire être verbalisés dans le cadre de la cure, via des courts-circuits entre processus originaires et secondaires ayant déjà valeur d’après-coup linguistique (on retrouve là la piste du matériau-réactivable).
  3. Ils peuvent enfin s’organiser en enclaves entravantes (peut-être pourrait-on parler de “cryptes” ?), légitimant alors la pratique des petits groupes thérapeutiques tels que les a proposés G. Haag, soit des groupes réunissant des enfants autistes et des enfants non autistes, mais aux prises avec un originaire ou des signifiants formels cassés ou cachés qui n’ont pas pu être contenus, repris et transformés par le travail psychique de l’autre et qui, de ce fait, viennent bloquer la suite de l’ontogenèse psychique de l’enfant.

Un exemple clinique pour finir :

Je pense à un patient en analyse avec moi depuis plusieurs années. Après quelques mois d’analyse, il me disait : “ Quand je suis ici, je sens comme une bulle qui voudrait sortir de l’eau, mais finalement ça s’enfonce et cela se referme comme un rond dans l’eau”. Plus tard, advient une autre formulation : “Je n’arrive pas à aller au bout de mes colères”.

Et enfin après quelques années de travail en commun, ce patient me dit un jour : “Maintenant, quand je ressens une émotion, j’arrive à la vivre vraiment, quelque chose s’éprouve en moi, quelque chose que je peux exprimer, qui sort de moi avec mes mots et qui s’enfonce en vous. Alors, je sais que vous êtes là”. Il me semble que ces trois formulations successives parlent en fait de la même chose, soit de la possibilité ou non de vivre et de communiquer des émotions. Certes, il faut souvent des années de travail pour que la formulation en termes de signifiants formels puisse se faire ensuite en termes de processus secondaires, mais il faut aussi tout le travail du psychisme de l’autre pour que la formulation intermédiaire en termes de fantasmes ne soit pas court-circuitée, travail psychique de l’autre sur lequel insiste A. Green par le biais des concepts de “fonction objectalisante et désobjectalisante”, et sur lequel insiste également G. Haag quand elle évoque la fonction d’interprétation parentale dans le cadre du développement, ou la fonction d’interprétation de l’analyste dans le cadre des traitements, fonction d’interprétation seule à même, par exemple, d’accorder aux identifications intra-corporelles la valeur et la fonction de représentations de jonctions entre le bébé et les adultes qui en prennent soin.

Conclusion

Je ne sais pas, finalement, si les signifiants formels participent ou non de ce que l’on pourrait appeler une psychanalyse des origines ? Je ne sais pas non plus s’ils nous permettent ou non de nous approcher un tant soit peu de l’irreprésentable ? Il me semble toutefois qu’ils jouent comme un écho – parfois lointain, parfois trop proche – de nos propres parties “bébé”. Pour autant, les destins de l’originaire, fût-ce de manière complexes, ne peuvent être conceptualisés en termes de développement linéaire. Qu’ils soient pensés en termes de socle des processus psychiques ultérieurs, en termes de matériaux initiaux réactivés dans des temps seconds, ou en termes de modalités de travail psychique se maintenant au fil des remaniements structuraux de l’ontogenèse, ils ne peuvent être modélisés qu’en intégrant les effets d’après-coup tels que la psychologie et la psychopathologie psychanalytiques les ont formulés dans le sillage de J. Laplanche par exemple.

De ce fait, il n’y a pas d’originaire sans destin, et il n’y a pas de destin sans originaire. Rappelons alors, ici, trois propositions de D. Widlöcher 71 qui me semblent essentielles :

  • 1ère proposition : “Ce que la psychanalyse doit expliquer, c’est l’origine des fantasmes sexuels infantiles et non le développement affectif de l’enfant”.
  • 2ème proposition : “La sexualité infantile n’est pas une sexualité prématurée”.
  • 3ème proposition : “La sexualité infantile est considérée comme ébauche prématurée de la sexualité génitale” (position freudienne de type physiologique) alors même que “la sexualité infantile ne persiste pas chez l’adulte tel un résidu mal assimilé, mais comme une source de désirs et d’activités créatrices permanentes”.

Le terme de destins des signifiants archaïques, et notamment des signifiants formels, nous invite ainsi à prendre en compte une temporalité non linéaire, à intégrer les effets de rencontre -et tout spécialement de rencontre psychique- et donc, finalement, à nous départir clairement d’une conception développementale endogène à l’évidence trop réductrice, et par trop simpliste. C’est à ce prix-là seulement que nous pourrons alors penser le sujet comme dépositaire et porteur d’un certain degré de liberté lui permettant de découvrir l’altérité sans tomber dans les pièges de l’aliénation.

Repères bibliographiques des auteurs

Anzieu D., (1956), Le psychodrame analytique chez l’enfant et l’adolescent, Paris, PUF.

Anzieu D., Chabert C., (1961), Les méthodes projectives, Paris, PUF, 12ème éd.

Anzieu D., Martin J-Y., (1968), La dynamique des groupes restreints, Paris, PUF, 11ème éd. 1997.

Anzieu D. (1970), Freud et la mythologie, Nouvelle revue de psychanalyse, 2, pp. 114-145.

Anzieu D. (1975), L’auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, 2 vol., Paris, PUF, 4 éd. 1998.

Anzieu D. (1976), Le groupe et l’inconscient, Paris, Dunod, 3e éd. 1999.

Anzieu D., (1995), Contes à rebours, Paris, Christian Bourgois, nouvelle édition augmentée, Paris, Les Belles Lettres/Archimbaud, 1995.

Références bibliographiques des auteurs

1 Anzieu D., (1966), Étude psychanalytique des groupes réels, Les Temps Modernes, 242, 56-73.

2 Anzieu D., (1968), De la mythologie particulière à chaque type de masochisme, Bulletin de l’A.P.F., 4, 84-91.

3 Anzieu D., (1971), Le corps et le code dans les contes de J. L. Borges, Nouvelle Revue de Psychanalyse, 3, 177-210.

4 Anzieu D., (1974a), La peau, du plaisir à la pensée in R. Zazzo et al., L’attachement. Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 140-154.

5 Anzieu D., (1974b), Le Moi-peau, Nouvelle Revue de Psychanalyse, 9, 195-203.

6 Anzieu D., (1975), Naissance du concept de vide chez Pascal, Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°11, 195-203 (Réédité in Psychanalyse des limites, textes réunis et présentés par C. Chabert, Paris, Dunod, 27-37

7 Anzieu D., (1975), Le transfert paradoxal. De la communication paradoxale à la réaction thérapeutique négative, Nouvelle Revue de psychanalyse, n° 12, 49-72. (Réédité in Psychanalyse des limites, textes réunis et présentés par C. Chabert, Paris, Dunod, 39-65)

8 Anzieu D., (1979), La démarche de l’analyse transitionnelle en psychanalyse individuelle, in R. Kaës et al., Crise, rupture et dépassement. Paris, Dunod, 184-219.

9 Anzieu D., (1981), Quelques précurseurs du Moi-peau chez Freud, Revue Française de Psychanalyse, XXXXV, 5, 1163-1185

10 Anzieu D., (1984), Le double interdit du toucher, Nouvelle Revue de psychanalyse, n° 29, 173-187. (Réédité in Psychanalyse des limites (textes réunis et présentés par C. Chabert), Paris, Dunod, 165-181).

11 Anzieu D., (1985), Le Moi-peau, Dunod, Paris, 1985 (1ère éd.)

12 Anzieu D., (1986), Une peau pour les pensées. Entretiens avec Gilbert Tarrab, Paris, Clancier-Guénaud.

13 Anzieu D., (1987), Les signifiants formels et le Moi-peau, 1-22, In : Les enveloppes psychiques (ouvrage collectif), Dunod, Paris, 1987

14 Anzieu D., (1990), L’épiderme nomade et la peau psychique, 115-129, Apsygée. (avec des contributions de A. Ciccone, Ch. Guérin, T. Nathan)

15 Anzieu D., (1993), Une approche psychanalytique du travail de penser, Journal de la psychanalyse de l’enfant, 14, 144-168.

16 Anzieu D., (1994), Le penser (du Moi-peau au Moi-pensant), Dunod, Paris, 1994

17 Anzieu D., 1995), Questions à D. Anzieu » (intervention de D. Anzieu sur les signifiants formels), Groupal, 1, 129,

18 Aulagnier P., (1975), La violence de l’interprétation Du pictogramme à l’énoncé, P.U.F., Paris, (1ère éd.)

19 Bick E. (1968), The Experience of the Skin in Early Object Relations, International Journal of Psychoanalysis, 49, 484-486, Trad. fr. in D. Meltzer et al., 1975, Explorations dans le monde de l’autisme, Paris, Payot. 240-244.

20 Bion W.R., (1962), Aux sources de l’expérience, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1979 (1ère éd.)

21 Bion W.R., (1963), Eléments de Psychanalyse, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1979 (lère éd)

22 Bion W.R., (1965), Transformations – Passage de l’apprentissage à la croissance, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1982 (1ère éd.)

23 Bion W.R., (1970), L’attention et l’interprétation scientifique – Une approche de la compréhension intuitive en psychanalyse et dans les groupes, Payot, Paris, 1974

24 Bowmby J., (1958), The nature of child’ tie to this mother, International Journal of Psychoanalysis, 39, 350-373

25 Braunschweig D. et Fain M., (1975), La nuit, le jour – Essai psychanalytique sur le fonctionnement mental, P.U.F., Coll. « Le fil rouge », Paris, 1975 (lère éd.)

26 Danon-Boileau L., De l’éprouvé interne au langage – Comment les éprouvés internes deviennent-ils communicables ?, Communication non publiée

27 Freud S., (1896), Lettre à W. Fliess n°52 (6/12/1996), 153-160, La naissance de la psychanalyse, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1979 (4ème éd.)

28 Freud S., (1911), Formulations sur les deux principes du cours des évènements psychiques, 135-143, Résultats, idées, problèmes, Tome I, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1975 (7ème éd.)

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30 Freud S., (1920), Au delà du principe de plaisir, 7-81, Essais de Psychanalyse, Paris, 1966

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37 Golse B., (2005), Les destins de l’originaire, Intervention faite dans le cadre du Congrès National organisé à l’Occasion des cents ans des “Trois Essais sur la Théorie Sexuelle” de Sigmund Freud.

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50 Haag G. et M., L’observation du nourrisson selon Esther Bick (19011983) et ses applications, 531-547, Traité de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, P.U.F., Paris, 1995 (2ème éd.)

51 Harlow H.-F (1958), The nature of love, American Psychologist, 13, 673-685

52 Houzel D., (1987), Le concept d’enveloppe psychique, 23-54, Les enveloppes psychiques, Dunod, Paris, 1987

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58 Lacombe P. (1959), Du rôle de la peau dans l’attachement mère-enfant, Revue française de psychanalyse, XXIII, 1, 83-102

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61 Laplanche J., (1987), Nouveaux fondements pour la psychanalyse, P.U.F., Coll. « Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 1987 (lère éd.)

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63 Rosolato G., (1983), Le signifiant de démarcation et la communication non verbale, 63-82, Eléments de l’interprétation, Gallimard, Paris.

64 Sami-Ali M., (1969), Étude de l’image du corps dans l’urticaire, Revue française de psychanalyse, XXXIII, 2, 201-206

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68 Tustin T., (1986), Les états autistiques chez l’enfant, Le Seuil, Paris, 1986

69 Tustin T. (1989), Le trou noir de la psyché – Barrières autistiques chez les névrosés, Le Seuil, Coll. « La couleur des idées », Paris, 1989

70 Tustin T., (1992), Autisme et protection, Le Seuil, Paris, 1992

71 Wildocher D., (2000), Amour primaire et sexualité infantile : Un débat de toujours, 1, 55, Sexualité infantile et attachement, P.U.F, Coll. « Petite Bibliothèque de Psychanalyse », Paris, 2000 (1ère éd.)

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73 Winnocott D.-W., (1958), De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, Paris, 1970 (lère éd.)

74 Winnocott D.-W., (1965), Processus de maturation chez l’enfant, Payot, Paris, 1970 (lère éd.)

75 Winnocott D.-W., (1988), La nature humaine, Gallimard, Coll. « Connaissance de l’Inconscient », Paris, 1990.