« Un temps pour la guerre, et un temps pour la paix », Ecclésiaste 3, 81
Freud et la guerre
Dans « Au-delà du principe de plaisir », Freud radicalise sa position théorique en présentant la pulsion de mort comme un obstacle structurel et non accidentel, en particulier pour la vie en société. Il y écrit que « 25 ans d’un intense travail ont eu pour résultat que les buts les plus immédiats de la technique psychanalytique sont aujourd’hui tout à fait autres que ceux qu’ils étaient au départ » (Freud, 1920, p. 91). En 1932, dans « Pourquoi la guerre ? » et en réponse à Albert Einstein, il avance que la guerre met en jeu le dualisme pulsionnel Éros/Pulsion de destruction et affirme qu’aucune solution rationnelle ou institutionnelle ne pourra l’éradiquer puisqu’elle touche à une donnée pulsionnelle. La culture constituerait un processus qui tendrait seulement à affaiblir sans arriver à supprimer, cette pulsion destructrice. Néanmoins, Freud reste pessimiste quant à la portée de cette influence. Ce résumé ne rend que très imparfaitement compte des travaux freudiens sur les névroses de la Première Guerre mondiale et l’important travail théorico-clinique qui a suivi et étayé la pensée freudienne à partir de ce moment.
La Deuxième Guerre mondiale
Plus de 150 ans après la naissance de la psychanalyse, plus de 80 ans après la Deuxième Guerre, nous ne pouvons esquiver de nous interroger sur le changement de but qui se serait introduit dans le travail de la culture, par ces effets bouleversants, destructeurs pour l’humanité. La Deuxième Guerre mondiale et le génocide programmé du peuple juif se présentent comme un cataclysme sans précédent…
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